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Trafic d'examen: 15 mois avec sursis requis contre un ex-étudiant

Pour un trafic de sujets d'examen en 2009, un ancien étudiant en médecine risque jusqu'à 5 ans de prison.

Pour un trafic de sujets d'examen en 2009, un ancien étudiant en médecine risque jusqu'à 5 ans de prison. - -

Un jeune homme de 26 ans, ancien étudiant en médecine, a évoqué devant la justice l'échec et la pression qui l'ont conduit à subtiliser des sujets et à les revendre pour des milliers d'euros à des camarades.

Au tribunal, il a expliqué son geste par la "pression". Celle que subissent les étudiants en médecine avant le couperet de la première année. Mickaël, 26 ans, répondait ce mardi devant la justice du vol de sujets de partiels, et de leur revente à des camarades.

Le procureur a requis contre lui 15 ans de prison avec sursis, ainsi que la publication de sa condamnation à la fac de médecine et dans un magazine pour étudiants.

Cinq autres anciens étudiants comparaissaient aux côtés de l'instigateur du trafic, pour avoir accepté ses propositions et/ou avoir démarché d'autres étudiants pour partager le coût de l'investissement. Selon Le Parisien, les précieux sujets se négociaient à plusieurs dizaines de milliers d'euros. Trois à huit ans avec sursis ont été requis contre eux.

"Mon père était fier de moi"

Mickaël avait redoublé sa première et sa seconde année. Pour accélérer la suite de ses études dont le cursus atteint au minimum neuf ans - sans perdre d'années -, il avait, à la rentrée 2009, subtilisé des sujets d'examen. Pour ce faire, il avait réussi à s'introduire dans un bureau de l'administration de l'université Paris XIII où il étudiait.

Résultats fulgurants: pour la première fois, il avait obtenu des résultats "excellents" aux partiels suivants. "Pour la première fois, j'ai eu un appel de mon père, pour me dire qu'il était fier de moi", a-t-il avoué à la barre.

"Un chirurgien avec une Porsche"

Après le succès, le carabin avait vu les choses en plus grand. Le semestre suivant, il s'était lancé dans le trafic de copies. Une stratégie bien rodée: il s'était fait faire un double de la clef du secrétariat pour copier les sujets sur des clefs USB, après avoir "cracké" le mot de passe de l'ordinateur. Pour éviter d'être démasqué, il contactait ses clients potentiels sur Facebook sous pseudo, et leur passait des coups de fils avec un appareil modifiant sa voix.

Pourquoi un tel trafic? "Je venais de me fiancer, j'étaus toujours à la charge de mes parents, je culpabilisais de leur demander de l'argent", a expliqué le jeune homme. Selon lui, son beau-père lui répétait: "J'attends pas un smicard pour la fille, j'attends un chirurgien avec une Porsche et un appart' à Neuilly."

Démasqué par un étudiant anonyme, Mickaël a finalement été dénoncé. Et est passé des bancs d'amphi au banc des prévenus. Pour être entré frauduleusement dans le système informatique de l'université, le vol des sujets et sa fraude à l'examen, il risque jusqu'à 5 ans de prison.

M. T. avec AFP