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Tir de LBD "à bout portant" en 2020 à Paris: le policier mis en examen

Image d'illustration - Policier portant un LBD 40 le 2 mars 2019 à Bordeaux.

Image d'illustration - Policier portant un LBD 40 le 2 mars 2019 à Bordeaux. - Mehdi Fedouach - AFP

Un policier a été mis en examen pour "violences volontaires" après des tirs de LBD potentiellement non-réglementaires sur deux manifestants à Paris.

Un policier a été mis en examen fin avril pour "violences volontaires" après des tirs de LBD potentiellement non-réglementaires, dont un quasiment "à bout portant", sur deux manifestants à Paris en janvier 2020 contre la réforme des retraites, a-t-on appris lundi de source proche du dossier.

Le parquet de Paris avait ouvert une enquête, confiée à l'IGPN, la police des polices, à la suite d'une vidéo virale montrant un policier, rue Saint-Lazare à Paris, armé d'un lanceur de balles de défense (LBD) tirer sur la foule à environ un mètre de distance, faisant tomber à terre un homme.

Dans une déclaration à l'AFP, la préfecture de police avait évoqué une vidéo "parcellaire" et "sortie de son contexte" et justifié l'emploi "de moyens intermédiaires, lacrymogènes et LBD" face à des "personnes violentes".

Le policier mis en examen pour "violences volontaires"

Une seconde vidéo, tournée six minutes plus tard au même endroit, montre le même policier des compagnies de sécurisation et d'intervention (CSI) effectuer un tir de LBD sur un homme, Peter B., situé à une dizaine de mètres, avant de crier: "T'en veux encore?".

Touché, le manifestant avait porté plainte. Dans l'une des vidéos, le numéro d'identification personnel RIO du policier, obligatoire mais pas toujours arboré, est visible. Une juge d'instruction, saisie en novembre 2020, a mis en examen le 28 avril le policier, Ludovic C., âgé de 33 ans, pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique" avec arme. Lors d'un interrogatoire le 28 mai consulté par l'AFP, le policier a évoqué une manifestation "très rude" avec des "Black Blocks (...) très virulents".

Concernant le premier manifestant touché quasiment "à bout portant", il a reconnu que son tir était "en-dessous de la distance préconisée" pour les cartouches qu'il utilisait, soit au minimum 10 m, mais il a assuré qu'il avait été fait en situation de légitime défense et était "proportionné", car le manifestant "voulait blesser les collègues".

"Stopper la menace"

Concernant Peter B., situé à une dizaine de mètres et qui semble sur la vidéo donner un coup de pied dans un palet de grenade lacrymogène, Ludovic C. a indiqué vouloir "stopper la menace" : les gaz lacrymogènes peuvent "créer des détresses respiratoires".

Ludovic C. a défendu une "riposte proportionnée".

Sollicité, Me Arié Alimi, avocat de Peter B., et Me Thibault de Montrial, avocat de Ludovic C., n'ont pas souhaité commenter.

S.B.M avec AFP