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Saint-Etienne-du-Rouvray: deux gardes à vue toujours en cours, une garde à vue levée

La garde à vue du mineur vient d'être levée, dans le cadre de l'enquête sur l'attaque jihadiste de Saint-Etienne-du-Rouvray. Par ailleurs, un proche d'Adel Kermiche, l'un des deux auteurs de l'attaque jihadiste, a été arrêté à Genève quelques jours avant cet attentat.

Une garde à vue a été levée ce samedi en fin de matinée, dans le cadre de l'enquête sur l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, a annoncé le parquet de Paris. En revanche, les garde à vues du cousin d'Abdel-Malik Petitjean et du Syrien sont toujours en cours.

Le mineur, âgé de 16 ans, n'en a toutefois pas fini avec la justice: des documents de propagande jihadiste ont été retrouvés dans son téléphone et son ordinateur, selon les informations de BFMTV. Des éléments transmis par le parquet de Paris à son homologue de Rouen, territorialement compétent et qui pourrait décider d'ouvrir une procédure distincte pour "apologie du terrorisme".

Rien ne démontre l'implication du mineur dans l'attentat

En revanche, "aucun élément n'a démontré sa quelconque implication" dans la prise d'otages au cours de laquelle le prêtre Jacques Hamel a été assassiné, selon une source proche de l'enquête.

Son frère, Adel Bouaoun, intéresse les enquêteurs: proche de l'un des deux tueurs, Adel Kermiche, il est parti dans la zone irako-syrienne en 2015 et les services antiterroristes se demandent s'il a pu jouer un rôle depuis la Syrie dans l'attentat de mardi, le premier perpétré dans un édifice religieux en France. 

Parmi les deux hommes toujours gardés à vue, l'un est un Français de 30 ans, dans l'entourage familial de Petitjean, qui réside en Meurthe-et-Moselle, et l'autre un demandeur d'asile syrien, interpellé dans l'Allier, alors qu'une photocopie d'un passeport syrien avait été retrouvée au domicile d'Adel Kermiche. 

"Echec" du suivi judiciaire

Dans une interview au Monde vendredi, Manuel Valls a admis un "échec" dans le suivi judiciaire d'Adel Kermiche, qui était placé sous surveillance électronique et faisait l'objet d'une fiche S.

Le jihadiste avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire dès mars 2015 pour avoir tenté de rejoindre la Syrie. Après une seconde tentative en mai 2015, il avait été incarcéré, avant d'être libéré en mars 2016, contre l'avis du parquet, et assigné à résidence sous surveillance électronique.

Abdel Malik Petitjean, 19 ans, était fiché "S" depuis le 29 juin, selon une source proche de l'enquête. Il s'était rendu en Turquie le 10 juin avec un autre Français et n'y était resté que 24 heures, avant de rentrer en France sans se faire repérer. Les autorités turques n'ont émis un signalement à son encontre que fin juin. 

Petitjean recherché depuis le 22 juillet

Il était vraisemblablement recherché depuis le 22 juillet, soit quatre jours avant l'attentat. Un service étranger avait alerté l'Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) qu'un homme, à l'identité inconnue, "serait prêt à participer à un attentat sur le territoire national". Cette information était accompagnée d'une photo dont les enquêteurs trouvent qu'elle ressemble fortement à Abdel Malik Petitjean.

Son père adoptif, Franck Petitjean, installé à Bordeaux, s'est dit dans Sud-Ouest "surpris" par l'acte de son fils qu'il n'avait pas vu "depuis un peu plus de trois ans". "Malik était adorable. Crédule. Daech (acronyme arabe de l'EI) lui a retourné le cerveau", assure-t-il.

Il dit aussi avoir "peur pour (sa) fille", née de sa relation avec la mère d'Abdel Malik. "J'ai peur qu'elle se venge car elle était très proche de son frère. Je tire la sonnette d'alarme pour la sortir de là", ajoute-t-il.

Un proche arrêté à Genève il y a peu

L'enquête a par ailleurs pris une dimension internationale ce samedi. Un mineur de 17 ans, qui avait tenté de partir en Syrie en 2015 avec Adel Kermiche, a été arrêté à Genève quelques jours avant l' attentat, après une nouvelle tentative de départ vers ce pays.

Le jeune homme, résidant à Rouen, a de nouveau tenté de partir en Syrie le 12 juillet, mais il a été interpellé à Genève quelques jours plus tard, selon une source proche de l'enquête consultée par l'Agence France-Presse (AFP), et qui confirme une information de La Tribune de Genève.

Visé par un mandat d'arrêt de la justice française, il a été remis à la France, mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et placé en détention provisoire. A ce stade, "rien ne montre qu'il ait une quelconque implication" dans l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, a averti cette source.

la rédaction avec AFP