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Projet d'attentat déjoué en France en 2016: Réda Kriket condamné à 24 ans de réclusion

Croquis du procès de Réda Kriket (les trois à gauche Reda Kriket; les deux à droite Abderrahmane Ameuroud) le 8 mars 2021, Paris

Croquis du procès de Réda Kriket (les trois à gauche Reda Kriket; les deux à droite Abderrahmane Ameuroud) le 8 mars 2021, Paris - Benoit PEYRUCQ © 2019 AFP

En mars 2016, la police avait notamment découvert, à Argenteuil, treize armes dont cinq fusils d’assaut, une quantité de munitions et des kilos d’explosifs.

Réda Kriket, accusé d'avoir projeté un attentat jihadiste en France en 2016, déjoué avec la saisie en mars 2016 d'un arsenal de guerre dans un appartement de la région parisienne, a été condamné ce vendredi à Paris à 24 ans de réclusion criminelle.

La cour d'assises spéciale, qui a assorti cette peine d'une période de sûreté des deux tiers, n'a pas donné les motivations de sa décision. Après sept heures de délibéré, les cinq magistrats professionnels ont condamné à la même peine de 24 ans de réclusion deux coaccusés de Réda Kriket, Anis Bahri et Abderrahmane Ameuroud, présentés par l'accusation comme "le trio à la manoeuvre" d'un projet d'attaque qui "s'annonçait meurtrière".

Arsenal "d'une ampleur inédite"

Le parquet national antiterroriste (PNAT) avait réclamé la réclusion criminelle à perpétuité à l'encontre des trois hommes. Tous trois sont restés stoïques dans leur box à l'énoncé du verdict.

Le 24 mars 2016, deux jours après les attentats de Bruxelles, la police avait saisi dans un logement loué depuis huit mois sous un faux nom par Réda Kriket à Argenteuil (Val d'Oise) un arsenal "d'une ampleur inédite": treize armes dont cinq fusils d'assaut, une quantité de munitions, des explosifs, ainsi que des milliers de billes métalliques.

"Banditisme"

Les trois principaux accusés, "acquis aux thèses jihadistes" selon l'accusation et dont les profils génétiques ont été mis en évidence dans l'appartement d'Argenteuil, notamment sur des armes, ont toujours contesté tout projet d'attaque terroriste.

"Je n'avais aucune intention de faire un attentat, ni d'aider à faire un attentat", a clamé une dernière fois Réda Kriket vendredi matin, avant que la cour ne se retire pour délibérer. "Mon intention était de faire du banditisme", a-t-il ajouté.

Pour l'accusation, le projet d'action violente "s'inscrivait dans la vague d'attentats perpétrés" en 2015 et 2016 en France et en Europe, "en lien avec l'État islamique". Les avocates générales ont fixé le point de départ des "préparatifs" en janvier 2015, avec le séjour en Syrie "hautement probable" de Réda Kriket et d'Anis Bahri, un voyage également contesté par les accusés.

Quatre autres hommes étaient aussi jugés depuis le 8 mars, accusés de soutien logistique. La cour d'assises en a acquitté deux et a ordonné leur remise en liberté. Les deux autres ont été condamnés respectivement à huit et douze ans de prison.

JP avec AFP