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Cellule islamiste de Cannes-Torcy: trois hommes interpellés

Des fonctionnaires de police lors du démantèlement d'une cellule islamiste, en 2005.

Des fonctionnaires de police lors du démantèlement d'une cellule islamiste, en 2005. - -

Trois jeunes hommes ont été interpellés lundi par la police dans les Alpes-Maritimes. Ils sont soupçonnés de faire partie de la cellule jihadiste de Cannes-Torcy, dans le radar des enquêteurs depuis octobre 2012.

Les enquêteurs la surnomment "la cellule de Cannes-Torcy", du nom des villes où plusieurs de ses membres ont été arrêtés. Derrière ce nom se cache un groupe islamiste, soupçonné d'avoir fomenté plusieurs attentats en France, et d'avoir mis sur pied une filière jihadiste.

Lundi après-midi, trois jeunes hommes soupçonnés d'appartenir à cette cellule ont été interpellés sans incident à Mougins, au Cannet, et à Vallauris, près de leurs domiciles respectifs, par des policiers de la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire, et par la PJ de Nice. Deux d'entre eux étaient "déjà connus des services de police et de la justice pour des faits de petite et moyenne délinquance: port d'arme, violences, stups", a précisé une source policière.

Un arsenal à domicile

Deux armes et des munitions ont été retrouvées chez l'un des trois hommes interpellés. Les enquêteurs ont retrouvé un pistolet-mitrailleur de type Uzi, un pistolet semi-automatique et des munitions. La garde à vue, qui peut durer quatre jours en matière antiterroriste, aura notamment pour objet de déterminer l'usage que comptait en faire cet homme, un converti à l'islam de 26 ans.

Chez les deux autres hommes interpellés, âgés de 35 et 36 ans, également convertis à l'islam, les enquêteurs de la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire ont retrouvé plusieurs milliers d'euros en numéraire. Ils ont saisi du matériel informatique et des téléphones portables.

Soupçonnés d'attentats

Le démantèlement de la cellule dite de Cannes-Torcy a débuté en octobre 2012. Un de ses leaders présumés, Jérémie Louis-Sidney, avait été tué à Strasbourg après avoir ouvert le feu sur les policiers venus l'interpeller. L'autre, Jérémie Bailly, avait été interpellé à Torcy, en Seine-et-Marne. Dix-huit personnes sont pour l'heure mises en examen dans ce dossier, dont quatorze sont écrouées.

Ses membres étaient soupçonnés d'avoir d'une part commis un attentat qui avait fait un blessé léger le 19 septembre 2012 contre un commerce juif de Sarcelles et de l'autre d'avoir mis en place une filière jihadiste. Mais les investigations ont ouvert de nouvelles pistes aux enquêteurs qui soupçonnent notamment la cellule d'avoir projeté un autre attentat contre une enseigne de restauration rapide.

Dans un garage utilisé par Jérémie Bailly, les enquêteurs avaient retrouvé des éléments susceptibles de permettre de construire un engin explosif "similaire à ceux utilisés lors de la vague d'attentats commis par le GIA en 1995 et 1996". L'enquête a également été élargie à une lettre de Bailly qui, depuis sa cellule, demandait à une connaissance de s'en prendre à un des juges antiterroristes en charge du dossier.

A. G. avec AFP