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Attentats de Paris: le projet des frères Abdeslam connu depuis 2014?

Les frères Abdeslam, Brahim et Salah.

Les frères Abdeslam, Brahim et Salah. - AFP

La section antiterroriste de la police judiciaire fédérale belge a appris dès juillet 2014 que les frères Abdeslam projetaient de commettre un attentat, révèle mardi le quotidien belge L'Echo.

Près de quatre mois après les attentats du 13 novembre, les révélations se succèdent sur les mois qui ont précédé les attaques, et sur le parcours des terroristes, dont certains étaient connus des services de police. Mardi, le quotidien belge L'Echo divulgue une nouvelle information: au mois de juillet 2014, la section antiterroriste de la police judiciaire fédérale est contactée par une source fiable, en contact direct avec les frères Abdeslam.

Au téléphone, celle-ci met en garde les enquêteurs: "Les frères Abdeslam, Salah et Brahim, préparent un attentat. Vous devez faire quelque chose."

Brahim Abdeslam est l'un des kamikazes du 13 novembre. Il s'est fait exploser au Comptoir Voltaire, dans le XIe arrondissement, causant plusieurs blessés. Quant à Salah Abdeslam, il a fait partie des commandos terroristes, mais a réussi à s'échapper vers la Belgique, et est en cavale actuellement.

Enquête classée sans suite à l'époque

Au bout du fil avec les policiers belges, en juillet 2014, "l'indic", dont l'identité reste protégée, ajoute d'autres détails glaçants: les frères Abdeslam ne cachent plus leur sympathie pour Daesh, et sont en contact régulier avec Abdelhamid Abaadoud, qui s'avérera être l'un des organisateurs des attentats de Paris. Il est déjà bien connu des services de renseignement à l'époque. 

Selon l'enquête menée par le quotidien L'Echo, entre dix et treize policiers de la section antiterroriste ont eu connaissance de cette information en juillet 2014. Elle conduit à une enquête diligentée par la police locale de Molenbeek, et six mois plus tard, les deux frères sont auditionnés. Mais la police fédérale juge alors qu'ils ne représentent pas de danger, et en juin 2015, le dossier est clos, comme l'a révélé dimanche le site belge RTBF.

La police des polices sur le dossier

Cinq mois plus tard, les deux frères participent à l'équipée meurtrière qui a fait 130 morts et 352 blessés. Aurait-on pu l'éviter? Certains responsables, interrogés par L'Echo, n'en sont pas convaincus. 

"Honnêtement, il faut regarder la masse totale d’informations qu’on doit gérer, et voir ce qu’on a déjà pu éviter comme attentats grâce à tout le travail fourni. C’est pas tout noir ou blanc, c’est gris", glisse l'un d'eux.

Le Comité P, nom donné à la police des polices belge, est toutefois chargé d'une enquête pour s'assurer qu'il n'y a pas eu de manquement, et un rapport intermédiaire doit être prochainement discuté au Parlement.

Alexandra Gonzalez