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Attaque dans le 18e: l'homme abattu par les policiers identifié

L'assaillant du commissariat du 18e arrondissement de Paris a un casier judiciaire quasi-vierge: il n'est connu de la police que pour un vol en réunion en 2013 dans le Var.

Ses empreintes digitales ont parlé. Pourtant, l'identité de l'homme abattu mercredi à Paris et son parcours restent flous. L'assaillant avait été arrêté en 2013 à Sainte-Maxime, dans le Var, après un vol en réunion. C'est lors de cette arrestation que ses empreintes avaient été inscrites dans le Fichier automatisé des empreintes digitales. 

Devant les gendarmes, à l'époque, il s'était présenté comme sans-domicile fixe. Il avait affirmé s'appeler Ali Sallah, et être né à Casablanca, au Maroc, le 25 mai 1995. Toutefois, aucun papier d'identité n'avait permis à l'époque d'attester la véracité de ses propos. 

Les enquêteurs s'interrogent néanmoins sur la véracité des informations données à l'époque. Le portrait que s'est procuré BFMTV laisse penser que l'homme pourrait être plus âgé que ce qu'il affirmait dans ses déclarations. "Je ne suis pas du tout certain que l'identité donnée soit réelle", a confirmé le procureur de Paris François Molins, interrogé par France Inter vendredi.

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Un dessin de Daesh et une revendication

Seule certitude à l'heure actuelle: l'homme était porteur jeudi d'un papier sur lequel avait été dessiné au feutre noir un drapeau de Daesh. Sur cette même feuille était inscrite une revendication manuscrite en langue arabe, dans laquelle le suspect affirmait prêter allégeance à al-Baghdadi, le leader de l'organisation Etat islamique. Les enquêteurs ont également retrouvé sur lui un téléphone portable, comportant des messages en arabe et en allemand, a appris BFMTV de source proche du dossier. 

Pour autant, "ce qui apparaît très clairement de ce qui est connu de cette personne, c'est qu'elle n'a aucun lien avec la radicalisation violente, aucun", a affirmé la ministre de la Justice Christiane Taubira sur iTELE.

Un faux engin explosif scotché sur le corps

A 11h30, jeudi, l'homme s'est précipité sur le commissariat du XVIIIe arrondissement de Paris, rue de la Goutte-d'Or. Il a exhibé son arme blanche, "de type feuille de boucher" (sorte de hachoir, ndlr), selon le parquet de Paris, et crié "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand, en arabe, ndlr). Menacés, les policiers en faction devant le commissariat ont fait feu à trois reprises sur lui. Grièvement blessé, l'assaillant est décédé très peu de temps après sur le trottoir. 

Vêtu d'un manteau sombre et d'un jean bleu, il portait une petite pochette scotchée sur le corps, d'où sortait un fil électrique, laissant penser aux policiers qu'il était muni d'un gilet explosif. Un robot de déminage contrôlé à distance a permis de s'assurer que ce dispositif ne contenait pas d'explosifs, selon une source judiciaire.

Cette agression est intervenue un an jour pour jour après l'attentat à Charlie Hebdo, alors que François Hollande présentait ses voeux aux forces de sécurité à la préfecture de police de Paris. Un lieu symbolique où il s'était incliné l'an dernier sur les cercueils des trois policiers figurant parmi les victimes des frères Kouachi et d'Amedy Coulibaly.

Alexandra Gonzalez avec le service police-justice de BFMTV