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Syndicaliste matraquée par un policier: le parquet de Paris ouvre une enquête

Des CRS lors de la manifestation parisienne du 9 janvier 2020 contre la réforme des retraites.

Des CRS lors de la manifestation parisienne du 9 janvier 2020 contre la réforme des retraites. - BERTRAND GUAY / AFP

Les investigations ont été confiées à la police des polices pour "violences volontaires avec une arme par personne dépositaire de l'autorité publique".

Le parquet de Paris a annoncé ce lundi avoir ouvert une enquête sur les coups de matraque portés par un policier contre une syndicaliste de la RATP, frappée alors qu'elle souhaitait ramasser son téléphone lors de la manifestation sur les retraites du 9 janvier. Cette enquête préliminaire, confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), a été ouverte pour "violences volontaires avec arme par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné une incapacité inférieure à huit jours", a précisé le parquet. 

Elle fait suite à une plainte déposée vendredi par cette manifestante, conductrice à la RATP et militante du syndicat Unsa qui accuse la police, vidéo à l'appui, de l'avoir violemment frappée lors de ce rassemblement contre la réforme des retraites.

"La haine dans les yeux"

Dans cette vidéo, tournée à proximité de la gare Saint-Lazare et largement relayée sur les réseaux sociaux, on voit un policier lui asséner plusieurs coups de matraque télescopique, notamment au niveau du visage, alors qu'elle cherche à ramasser son téléphone portable tombé à terre.

"J'ai vu un policier qui avait de la haine dans les yeux", a assuré sur RTL cette mère de famille, victime d'un "traumatisme crânien" et de multiples hématomes.

Le parquet de Paris avait déjà ouvert une enquête vendredi après la diffusion d'une vidéo montrant un policier tirant à bout portant sur des manifestants avec un LBD lors de cette même manifestation, marquée par de nombreuses échauffourées entre manifestants et forces de l'ordre.

Une aide-soignante blessée

La seconde enquête, ouverte pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique", concerne une scène diffusée là aussi sur Internet, impliquant une aide-soignante de Sud Santé et un manifestant de 23 ans, frappé au sol alors qu'il tentait de lui venir en aide.

"Il ne connaissait pas cette femme mais il a voulu la secourir, parce qu'elle criait et parce qu'elle avait l'air de se sentir mal", a raconté l'avocate du jeune homme, Camille Vannier, évoquant "une quinzaine de coups de poing", principalement au niveau du visage.

Placé en garde à vue à l'issue de la manifestation, le jeune homme a été remis en liberté samedi sans qu'aucune charge soit retenue contre lui, selon son avocate. Il a porté plainte lundi pour "violences volontaires" auprès du parquet de Paris.

Un devoir "d'exemplarité"

Ces différentes enquêtes interviennent alors que les critiques se multiplient contre les policiers pour leur gestion des manifestations depuis le mouvement des gilets jaunes. Lors de ses voeux à la police nationale, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a ainsi rappelé lundi les forces de l'ordre au devoir d'"exemplarité", avec un "usage juste et proportionné de la force".

Dimanche soir, Edouard Philippe, tout en affichant sa "confiance" aux forces de l'ordre, a lui aussi rappelé que lorsqu'il est "fait un usage disproportionné (de la force), alors il doit y avoir enquête, et sanction le cas échéant."

A.L. avec AFP