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Soupçons d'abus sexuels: nouveau témoignage contre le prêtre "psy" Tony Anatrella

Un membre de l'Eglise - Image d’illustration

Un membre de l'Eglise - Image d’illustration - AFP

Un signalement pour agressions sexuelles sur mineur de 15 ans a été transmis au parquet de Paris.

Pascal B., un homme aujourd'hui quinquagénaire, a déposé auprès de l'Église un nouveau témoignage contre le prêtre-psychanalyste Tony Anatrella, soupçonné d'abus sexuels sur de jeunes hommes adultes, a-t-on appris auprès du diocèse de Paris mercredi, confirmant des informations de Libération et de La Croix

Ce nouveau témoignage accuse l'homme d'Église de l'avoir agressé sexuellement, notamment de l'avoir masturbé, lorsqu'il avait 14 ans.

Interrogé par l'AFP, le diocèse a confirmé que "Pascal B., à sa demande, (avait) été reçu, accompagné de son avocate, le 1er février" à l'archevêché. Son "témoignage a été pris en compte : les autorités civiles en ont été informées, et ce témoignage a été transmis à Rome" au Vatican, a-t-on ajouté, sans autre précisions. Par ailleurs, le dossier de ce prêtre "n'est pas clos, la procédure est toujours en cours à Rome", selon cette source.

Interdit de tout ministère 

Un signalement pour agressions sexuelles sur mineur de 15 ans a été transmis au parquet de Paris, a affirmé l'avocate de Pascal B., Nadia Debbache.

En juillet dernier, Tony Anatrella avait été interdit de tout ministère, confession ou activité thérapeutique par l'archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, en vertu d'une "réprimande" - terme du droit canonique, le droit de l'Église.

Au printemps 2016, près de dix ans après le dépôt de premières plaintes, ce prêtre septuagénaire du diocèse de Paris avait été accusé d'avoir mené des thérapies déviantes sur de jeunes hommes dans son cabinet de psychanalyste.

Trois plaintes devant la justice de la République pour "agressions sexuelles" n'avaient pas abouti, en 2008, notamment parce que les faits étaient prescrits. Plusieurs accusateurs s'étaient ensuite tournés vers la justice de l'Église. 

Le père Anatrella, qui a toujours nié avoir eu le moindre geste déplacé, a longtemps été bien en cour jusqu'à Rome, où ce prêtre disposant d'un titre de "Monseigneur" a été consulteur auprès de deux conseils pontificaux (famille et santé).

Sollicité par l'AFP, le père Bernard Dupuy-Montbrun, conseiller ecclésiastique du prêtre, n'était pas joignable dans l'immédiat.

Hugo Septier avec AFP