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Seine-et-Marne: des adolescentes maltraitent des personnes âgées et postent les images sur Snapchat

En stage dans une maison de retraite de Seine-et-Marne, elles ont violenté des résidents et posté leurs vidéos sur le réseau social Snapchat: trois jeunes filles, mineures, ont été mises en examen. La secrétaire d'Etat Laurence Rossignol a évoqué des "actes graves".

Des tapes et des mises en scène "indignes" : trois lycéennes sont poursuivies pour des maltraitances sur des pensionnaires d'une maison de retraite de Seine-et-Marne, qu'elles ont filmées lors d'un stage et diffusées sur internet. Des "actes graves" dénoncés dimanche par la secrétaire d'Etat aux personnes âgées.

Au début de la semaine, elles ont posté 33 vidéos sur la plateforme Snapchat, "montrant des personnes handicapées ou atteintes de maladies type Alzheimer" qu'elles violentaient, selon la gendarmerie.

"Emus" par la violence des images, des "camarades" qui avaient visionné les vidéos ont alerté le corps enseignant, qui a retiré les élèves de la maison de retraite et prévenu la direction, a poursuivi la même source.

Mises en examen

Selon une source proche du dossier, on y verrait les adolescentes infligeant des "tapes" ou encore des "pincements de nez" aux malades.

Interpellées par les gendarmes et placées en garde à vue, elles ont été mises en examen vendredi pour violences en réunion avec préméditation, diffusion sur internet de scènes de violence et atteinte à la vie privée, et placées sous contrôle judiciaire, a détaillé le parquet de Meaux.

"Selon les premiers éléments de l'enquête, il n'y a pas eu de faits de maltraitance physique, de souffrance infligée à ces personnes", a réagi Laurence Rossignol, la secrétaire d'Etat chargée des Personnes âgées qui évoque en revanche des "faits d'humiliations, violences verbales et atteinte à la dignité". Des "actes graves", a-t-elle résumé, depuis Annet-sur-Marne, la commune de 3.000 habitants où se trouve l'établissement d'accueil.

Des agissements déviants

Elle a souligné que les vidéos tournées par les stagiaires, en formation pour devenir auxiliaires de vie dans un lycée professionnel, étaient "extrêmement courtes, moins de 20 secondes".

L'application de photos et de vidéo Snapchat, populaire auprès des adolescents, permet d'envoyer des messages qui disparaissent après quelques secondes.

La direction de l'établissement "Le château de Louche" a elle indiqué dimanche qu'elle voulait "se concentrer sur le bien-être des résidents, notamment des trois victimes des agissements déviants de ces stagiaires".

En novembre dernier, une aide-soignante d'un EHPAD de la Loire a été condamnée à un an de prison avec sursis pour des maltraitances et des humiliations sur des pensionnaires souffrant de la maladie d'Alzheimer. En octobre, en Seine-Saint-Denis, une plainte a été déposée pour de présumées violences commises par une aide-soignante sur une femme également atteinte d'Alzheimer.

la rédaction avec AFP