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Saint-Ouen: pourquoi le braqueur tué avait-il eu une permission?

C'est ici, sur l'Île-Saint-Denis, qu'a eu lieu lundi une fusillade entre malfaiteurs et policiers.

C'est ici, sur l'Île-Saint-Denis, qu'a eu lieu lundi une fusillade entre malfaiteurs et policiers. - Thomas Samson - AFP

Le détenu avait été autorisé par un magistrat à sortir de prison en mai dernier, le temps d'un week-end, pour régler la succession de son père, décédé peu auparavant. Il n'avait jamais réintégré sa cellule. Lundi, il a blessé grièvement un policier avant d'être abattu.

A seulement 24 ans, Wilston B. était bien connu des services de police. Le braqueur tué lundi lors d'un échange de coups de feu à l'Île-Saint-Denis était un détenu en cavale depuis plusieurs mois, et avait été mêlé à plusieurs reprises par le passé à des affaires de vol à main armée, port d'arme, escroquerie, recel ou encore association de malfaiteurs, selon nos informations.

Le 27 mai dernier, le jeune homme détenu depuis le 27 septembre 2011 ne réintègre pas le centre de détention de Réau, en Seine-et-Marne, à la fin d'une permission de sortie. En cavale depuis ce jour, l'homme a trouvé la mort lundi. Il a été tué lors d'un échange de coups de feu avec des policiers de la brigade anti-criminalité, après avoir braqué un entrepôt de bijoux. Dans la fusillade, un policier a également été grièvement blessé, qui se trouve toujours hospitalisé entre la vie et la mort.

Une permission accordée après le décès de son père

Y a-t-il eu une mauvaise évaluation de la dangerosité du détenu lorsque la permission de sortie lui a été accordée? Mise en cause, la Chancellerie explique que cette décision a été prise par un juge d'application des peines, un magistrat indépendant. "La permission de sortir avait été accordée pour régler la succession du père mis en cause, décédé peu auparavant", précise encore le cabinet de la ministre de la Justice, Christiane Taubira.

Le Syndicat de la magistrature, joint par BFMTV.com, précise qu'une permission de sortie n'est accordée qu'au regard "de conditions bien spécifiques: il faut par exemple avoir effectué au moins le tiers de sa peine". C'était le cas de Wilston B., dont la fin de peine était fixée au 3 janvier 2018.

La garde des Sceaux admet toutefois que "les interrogations sont légitimes", et qu'un "rapport précis sur ce qui s'est passé à propos de la recherche de ce détenu a été commandé". "J'examinerai s'il y a lieu de modifier la législation applicable aux sorties des détenus", indique la ministre dans un communiqué.

Alexandra Gonzalez