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Quatre ans de prison ferme pour un magnétiseur accusé d'agressions sexuelles

Philippe Lamy a été condamné à quatre ans de prison ferme.

Philippe Lamy a été condamné à quatre ans de prison ferme. - Michael Coghlan - Flickr - CC

Philippe Lamy, un homme de 41 ans qui manipulait ses victimes féminines, ventant ses prétendus dons de magnétisme, avant de tirer profit de leur faiblesse, a été condamné à cinq ans de prison, dont quatre ferme, mercredi, par le tribunal correctionnel de Libourne.

Il se servait de ses prétendus dons de magnétiseur pour placer des femmes sous son emprise. Philippe Lamy, connu par ses victimes sous le nom de Florenzo Giovanni, a été condamné mercredi à cinq ans de prison dont un avec sursis, pour "abus de faiblesse, agressions sexuelles et exercice illégal de la médecine", par le tribunal correctionnel de Libourne, en Gironde.

Rapports sexuels forcés

Entre septembre 2012 et juin 2014, j'homme de 41 ans, ex-gérant d'un club libertin, a placé sous son emprise trois femmes vulnérables et malades, dont l'une suivait un traitement pour un cancer de la thyroïde. A l'aide d'un discours bien étudié mais aussi de gélules "magnétisées", il était parvenu à séduire ces femmes dépressives et fragilisées.

Selon ses victimes, venues témoigner à la barre et qui ont toutes trois décrit un mode opératoire similaire et des scénarios fétichistes, ses séances de spiritisme étaient assorties de "rapports sexuels forcés". Sa "stratégie" consistait à s'immiscer dans leur vie jusqu'à en prendre totalement le contrôle, ont-elles expliqué.

"J'étais devenue une marionnette"

A tel point que l'une d'elle en vient à arrêter son traitement contre le cancer, en l'espace de trois jours, pour prendre les mystérieuses gélules prodiguées par le gourou, au point de mettre sa vie en danger. Elle évoque les humiliations sexuelles et la vente de sa maison sous la pression du magnétiseur: "J'étais devenue une marionnette", résume-t-elle. 

Une autre victime raconte, en pleurs, sa tentative de suicide après "l'enfermement", les violences physiques jusqu'à "l'étranglement" et la rupture forcée avec ses enfants que l'accusé lui inflige entre 2012 et 2014.

Face au tribunal, la troisième victime raconte comment "au départ, elle est séduite et lui fait confiance", avant que le situation ne se "dégrade", décrivant dans le détail des rapports sexuels particulièrement violents. L'accusé, lui, assure qu'il s'agissait d'une "relation naturelle", "un jeu de rôle". 

Un ostéopathe derrière les commandes de gélules

Guy Veillon, ostéopathe et compagnon de la victime, lui, était cité à la fois comme victime du "gourou" et co-prévenu pour avoir commandé pour Lamy, les gélules censées guérir ses "patientes". Il affirme avoir agi sous "son emprise mentale". "Petit à petit, Lamy a pris de plus en plus de place", "moins j'avais de discernement, plus je m'enfonçais". Le tribunal a relaxé Guy Veillon, contre lequel le procureur avait requis huit à dix mois de prison avec sursis.

"Je ne comprends pas pourquoi ils ont inventé tout ça. Il n'y a jamais eu de violence, je n'ai jamais forcé qui que ce soit, c'est eux qui sont venus à moi", s'est défendu Philippe Lamy.

Me Daniel Picotin, qui représentait les trois victimes, parties civiles, a décrit Philippe Lamy comme un "gourou capable de mettre sa victime sous emprise mentale en cinq minutes", mettant en garde contre "la dangerosité de ce type de délinquance astucieuse".

A.S.