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Profanation du cimetière juif: cinq mineurs placés en garde à vue

250 tombes ont été profanées dans le cimetière de Sarre-Union dans le Bas-Rhin.

250 tombes ont été profanées dans le cimetière de Sarre-Union dans le Bas-Rhin. - Frederick Florin - AFP

Cinq personnes ont été placées en garde à vue lundi après la profanation de 250 tombes dans le cimetière juif de Sarre-Union dans le Bas-Rhin. L'un d'eux est venu se dénoncer aux forces de police.

L'enquête avance après la profanation du cimetière juif de Sarre-Union dans le Bas-Rhin. Cinq mineurs ont été mis en garde à vue pour "profanation de sépultures en raison de la religion des défunts" et "dégradations commises en réunion", a annoncé lundi après-midi Philippe Vannier, le procureur de Saverne au cours d'une conférence de presse. Les cinq garçons encourraient des peines allant jusqu'à sept ans de prison.

Agés de 15 ans et demi à 17 ans, les cinq mineurs sont tous originaires de la région et n'ont aucun antécédent judiciaire. L'un d'entre eux est venu se dénoncer lundi matin aux autorités, livrant l'identité de ses complices. "Ce matin, à 10h15, un jeune homme s'est présenté à la brigade de gendarmerie de Sarre-Union pour se dénoncer en disant qu'il avait participé aux faits", rapporte le procureur de Saverne.

"Quelques caveaux ouverts"

Dimanche, 250 tombes ont été retrouvées profanées dans le cimetière juif de Sarre-Union. "La plupart des dégradations sont des renversements de stèles ou des arrachages de colonnes, quelques caveaux ouverts ont également été ouverts sans qu'il soit porté atteinte aux défunts", a précisé Philippe Vannier.

Les faits auraient eu lieu le jeudi 12 février dans l'après-midi. "Il y aurait eu en réalité deux séquences, détaille le procureur de Saverne. Une première séquence entre 15 et 17 heures avec quatre des jeunes puis ensuite une deuxième séquence où le cinquième se serait joint à ses camarades." 

L'un des jeunes se défend d'antisémitisme

A cause "des proportions que prenait l'affaire" et "des déclarations faites par les plus hautes autorités de l'Etat" que l'un des auteurs présumés des profanations aurait été convaincu par un ami de venir se dénoncer. "Ce sont des jeunes qui sont très très choqués par la tournure des événements et qui sont impressionnés la mesure de garde à vue dont ils font l'objet", précise Philippe Vannier. 

Alors que les auditions des quatre autres mis en cause se déroulent toujours lundi après-midi, les premières déclarations du jeune qui est venu se livrer ne font pas état du caractère antisémite de ces dégradations. "Il se défend de tout antisémitisme, précise le procureur. Ils se seraient rendus compte que certaines des tombes étaient juives au moment de les saccager." Pour eux, le cimetière était abandonné.

"Sursaut de la communauté nationale"

Au lendemain de la profanation de centaines de sépultures juives, le ministre de l'Intérieur s'était montré intraitable face à ces faits. "La République ne tolérera pas cette nouvelle blessure qui meurtrit les valeurs que tous les Français ont en partage", avait insisté Bernard Cazeneuve.

François Hollande avait appelé lui "à un sursaut de la communauté nationale". "Rien ne sera toléré. Rien ne sera laissé sans réaction", a assuré le président de la République. 

J.C. avec AFP