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Soupçons de voyeurisme: un an avec sursis requis contre un avocat parisien

Palais de justice (PHOTO D'ILLUSTRATION).

Palais de justice (PHOTO D'ILLUSTRATION). - Thomas SAMSON

La procureure a réclamé que cet avocat, ancien associé d'un grand cabinet d'affaires parisien soit condamné pour "voyeurisme par personne abusant de son autorité" et "atteinte à l'intimité de la vie privée".

Le parquet a requis jeudi 12 mois d'emprisonnement avec sursis à l'encontre de l'ex-associé d'un grand cabinet d'affaires parisien, soupçonné d'avoir capturé des images avec son téléphone sous les jupes d'une stagiaire et de deux collaboratrices en 2014 et 2019.

"Je suis totalement innocent"

Débuté le 8 janvier dans une salle emplie de robes noires, le procès avait été renvoyé peu avant minuit, après huit heures de débats, le tribunal ayant décidé d'ordonner de nouvelles expertises, techniques et psychologiques.

Jeudi en début de soirée, la procureure a demandé que Patrick T., avocat renommé en droit du travail de 59 ans, soit condamné pour "voyeurisme par personne abusant de son autorité" et "atteinte à l'intimité de la vie privée".

Parlant des déclarations "constantes, précises, réitérées" des trois jeunes femmes, elle a brocardé le "déni" et le sentiment "d'impunité" du prévenu, évoquant "un auxiliaire de justice qui viole l'une des règles les plus élémentaires du droit d'autrui, le droit à l'intimité de la vie privée".

"Je suis totalement innocent des accusations qui sont proférées contre moi", a répété, comme en janvier, le prévenu, qui exerce dorénavant dans un autre cabinet. "A aucun moment, il n'y a eu chez moi une volonté d'abuser de ma situation".

Aucun fichier retrouvé

L'affaire avait débuté avec la plainte d'une jeune femme, stagiaire au sein d'une autre équipe, qui avait déclaré avoir été invitée lors d'un rendez-vous avec cet avocat, le 2 août 2019, à faire le tour de son bureau pour entrer une information sur son ordinateur.

Elle a raconté à la barre qu'alors qu'elle se tenait debout devant lui, elle avait entendu le son caractéristique de la mise en route d'une vidéo puis aperçu le téléphone portable de l'avocat entre ses jambes. "Sonnée", elle avait rapidement quitté les lieux.

Les enquêteurs avaient ensuite retrouvé deux anciennes jeunes collaboratrices qui avaient narré des faits similaires au printemps et à l'été 2014: l'une dit avoir aperçu des "flash", l'autre le téléphone allumé non loin derrière elle. Elles avaient ensuite rapidement quitté le cabinet, et l'une avait été placée en arrêt maladie dès le lendemain.

L'audience a repris jeudi avec d'arides questions techniques. Aucun fichier en lien avec les faits litigieux n'a été retrouvé sur les téléphones du prévenu et le tribunal s'interrogeait sur de possibles fichiers effacés.

Une experte mandatée par le tribunal, ainsi qu'un expert rémunéré par la défense, n'ont pu éclairer les débats de façon décisive. Une certitude: 718 photos, prises entre le 28 juillet et le 6 août 2019, ont bien été effacées. Mais d'autres suppressions ont eu lieu avant et après, a fait valoir la défense. Les plaidoiries se poursuivaient jeudi soir.

B.R. avec AFP