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Procès Tron: témoignage embarrassé de l'ancien DRH de la mairie de Draveil

Le procès Tron se déroule devant la cour d'assises de Bobigny.

Le procès Tron se déroule devant la cour d'assises de Bobigny. - AFP

Georges Tron et son adjointe, Brigitte Gruel, sont jugés depuis mardi pour "viols" et "agressions sexuelles" sur deux ex-employées. L'audience du jour a permis d'entendre des témoins, l'un d'eux a nuancé les déclarations qu'il a faites devant les enquêteurs.

D'un témoin potentiellement embarrassant à un témoignage embarrassé: l'ancien directeur du personnel de la mairie de Draveil a reconnu mercredi devant les assises de Seine-Saint-Denis ne pas avoir réagi lorsque l'une des accusatrices de Georges Tron, jugé pour "viols" et "agressions sexuelles", s'était confiée à lui. Tout comme son adjointe, Brigitte Gruel. Tous deux nient les faits.

Eva Loubrieu "m'a signifié qu'elle s'était trouvée à plusieurs reprises avec Georges Tron et Brigitte Gruel dans une situation où il y avait des attouchements etc...", a déclaré Jean-Yves Herry, DRH de la mairie de Draveil de 2004 à 2010. Ces confidences - auxquelles il n'avait pas donné suite - avaient été faites en 2009 alors qu'une procédure de licenciement était engagée contre la jeune femme, après un détournement d'environ 740 euros.

"J'étais désarmé, je ne savais pas ce qu'il fallait faire", a-t-il expliqué, précisant qu'Eva Loubrieu avait "l'allure d'un zombie, de quelqu'un qui n'existait plus".

Un témoignage nuancé

L'absence de réaction du directeur des ressources humaines lui a été reprochée par l'accusation. "Vous êtes la personne vers qui un salarié peut se tourner, vous aviez les outils M. Herry", a rétorqué Eva Touboul, avocate d'Eva Loubrieu. "Je suis là aujourd'hui, c'est pour Eva", s'est défendu le témoin, dont le contrat n'avait pas été renouvelé à son grand désarroi à l'âge de 59 ans, qui va pourtant nuancer ses déclarations de l'époque.

Aux enquêteurs, l'ancien DRH avait déclaré que Georges Tron lui avait imposé "un recrutement plastique, c'est-à-dire de belles femmes" qui rencontraient des difficultés financières. "A compétences égales", a-t-il précisé mercredi à la cour. "Vous n'êtes pas le pivot d'un système de recrutement qui aurait pour but de mettre des femmes dans les griffes de Georges Tron ?" interroge alors l'avocat de l'élu LR Antoine Vey. 

"Non je n'avais pas cette mission bien entendu", répond l'ancien DRH, répétant n'avoir été témoin d'aucun geste inapproprié, uniquement de plaisanteries au sujet du goût du maire pour la réflexologie plantaire.

Problèmes de planning

Cet atout pour les deux plaignantes va se transformer en grosse épine. "Je l'ai dit et je le redis, je n'ai jamais rien vu à titre personnel", précise Jean-Yves Herry. L'ancien DRH précise par ailleurs que "beaucoup de plaisanteries" circulaient autour de la passion de Georges Tron pour la réflexologie. "Mais peut-être que dans ces plaisanteries qui visaient Georges Tron, il y avait aussi une certaine envie de lui nuire...", lance alors l'ancien employé de la mairie de Draveil.

L'audience du jour a également été marquée par les problèmes d'organisation. Outre la chaleur étouffante qu'il règne dans la salle du tribunal de Bobigny, président de la cour d'assises et avocats se sont opposés sur la tenue ou non de l'audition de l'une des plaignantes, Virginie Faux. "Ce n'est pas sérieux", s'est exclamé Eric Dupond-Moretti, le conseil de Georges Tron, alors que la cour envisageait de débuter les questions à 19h30. 

"On est dans une surenchère de témoins (...) Il y a beaucoup de témoins qui ne servent strictement à rien !", a alors pesté le ténor du barreau parisien. Si l'audience a finalement été suspendue jusqu'à jeudi matin, le président redoute désormais que la cour soit obligée de siéger le samedi 23 décembre pour un verdict la veille de Noël.

Justine Chevalier avec AFP