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Procès des meurtriers d'Aurélie Fouquet: des accusés "sûrs d'eux" face à une famille sous le choc

Le procès des hommes accusés d'avoir tué en 2010 la jeune policière du Val-de-Marne  comparaissent depuis ce mardi devant la cour d'assises de Paris. La famille d'Aurélie Fouquet affronte enfin les meurtriers de la jeune femme, dans la douleur.

C'est un face-à-face très douloureux qui s'est déroulé ce mardi au premier jour du procès des meurtriers présumés d'Aurélie Fouquet, une jeune policière de 26 ans tuée par une rafale de kalachnikov alors qu'elle intervenait pour tenter de stopper un commando de braqueurs. Dans le box des accusés de la cour d'assises de Paris, seuls huit suspects ont pris place, le neuvième homme étant toujours en fuite. Parmi eux, deux hommes sont poursuivis pour le meurtre de la policière municipale du Val-de-Marne.

L'enjeu pour la justice est clair: déterminer les responsabilités de chacun et identifier l'auteur des coups de feu mortels. La famille d'Aurélie Fouquet, présente lors de l'ouverture du procès, partage cette ambition. "Ce que j'espère, c'est avoir le nom de l'assassin de ma fille", a confié avant le début des débats Elisabeth Fouquet, la mère de la victime. "C'est capital pour nous, pour son petit, pour toute sa famille".

Faïd, "attaché commercial"

Ce premier jour de procès était consacré au tirage au sort des jurés, l'appel des témoins mais aussi la lecture des faits, qui a duré plus de cinq heures. Car avant de tuer Aurélie Fouquet, le commando avait tenté de braquer un fourgon blindé, puis avait été pris en chasse par des effectifs de police dans une course-poursuite sur l'autoroute A4. Tous, âgés entre 32 et 59 ans, sont considérés comme des caïds de cités et sont fichés au grand banditisme.

Parmi eux, Redoine Faïd. A l'époque en liberté conditionnelle, cette figure du milieu faisait le tour des plateaux télé pour expliquer qu'elle s'était repentie. Ce mardi, il est arrivé, menottes au poignet, vêtu d'une chemise blanche. A la question du président de la cour d'assises, Faïd répond, d'une voix calme, être "attaché commercial", omettant de préciser qu'il est depuis de nombreuses années incarcéré.

Une famille "sous le choc"

C'est cette nonchalance affichée qui a énervé la famille d'Aurélie Fouquet, mère d'un petit garçon âgé d'un an au moment du drame. "C’est très compliqué de se retrouver face à un Redoine Faïd arrogant, très arrogant", livre d'une voix tremblante Elisabeth Fouquet. "Je ne m’attendais pas à ça. Je suis impressionnée, je ne pensais pas qu’un être humain puisse réagir comme ça. C’est choquant".

L'avocat de la famille Fouquet confirme cette épreuve "très dure" pour la mère de la policière municipale. C'est "un procès qui va être long, qui va être dur", poursuit Me Lienard. Des accusés sûrs d’eux, qui sont tranquilles et une famille de victimes qui est effrayée par ce choc". Face à cette vision des débats, l'avocat de Faïd Redoine assure qu'"il faut faire fi de l’émotion qui s’exprime de manière naturelle et il faut regarder les éléments du dossier".

Justine Chevalier avec Mélanie Bertrand