BFMTV

Prisons: hygiène et respect des droits épinglés par le contrôleur général

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté pointe de nombreux dysfonctionnement dans les prisons françaises.

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté pointe de nombreux dysfonctionnement dans les prisons françaises. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté a rendu public mardi son rapport et ses préconisations. Il souligne certains efforts effectués par l'administration pénitentiaire mais pointe encore de nombreux dysfonctionnements.

L'inhumanité des lieux d'enfermement une nouvelle fois pointée du doigt. D'abord, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, tire la sonnette d'alarme sur les conditions d'accueil dans les lieux de garde à vue. Moins d'un quart des cellules utilisées dans le cadre de cette procédure sont équipées de toilettes. Un manque d'hygiène préoccupant: dans certaines affaires, liées par exemple au terrorisme, la durée d'une garde à vue peut atteindre 120 heures.

Les conclusions du rapport pointent également l’accompagnement et l’accueil des personnes en souffrance mentale. Jean-Marie Delarue estime qu'une attention accrue doit être portée aux conditions de vie de ces nombreux détenus, et préconise la mise en place d'un meilleur suivi médical. "Il s'agit, en prenant en charge de manière plus digne les personnes privées de liberté, de diminuer les tensions, et par conséquent de faciliter leur retour à une vie normale dès leur sortie", ajoute-t-il.

Le droit des détenus "trop souvent bafoué"

Une autre problématique soulevée par Jean-Marie Delarue concerne l'application de la loi en prison, et plus particulièrement le respect du droit des détenus, comme celui de se plaindre ou de se défendre auprès des autorités compétentes.

Or, bien souvent, ces droits ne sont pas respectés par l'administration pénitentiaire. Les détenus qui cherchent à les voir appliqués sont stigmatisés en étant qualifiés de "procéduriers", quand ils ne s'exposent pas à des représailles. "Ce que je n'avais pas mesuré", regrette le contrôleur général, "c'est l'ampleur de ce phénomène en détention. Cela va de la lumière allumée toute la nuit dans une cellule, au transfèrement d'un détenu, par mesure d'ordre et de sécurité, d'un établissement à un autre".

A. M. avec Catherine Boulet-Gercourt et Maxime Cogny et Antoine Vassas