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Poitiers: un professeur suspendu 5 ans pour “harcèlement psychologique” sur des étudiantes

Les locaux de l'université de Poitiers (Illustration)

Les locaux de l'université de Poitiers (Illustration) - Daniel Clauzier - CC - Wikimedia Commons

Un professeur de droit de l'université de Poitiers a été lourdement sanctionné pour des comportements que la section disciplinaire a jugé incompatible avec sa fonction.

Sanction rarissime au sein de l’université de Poitiers. Un professeur de droit a été suspendu pour 5 ans pour “harcèlement psychologique” notamment, comme l'a révélé mardi la chaîne locale 7àPoitiers. Ce qui revient à une interdiction d’exercer toutes fonctions d’enseignement en son sein et dans tout établissement public d’enseignement supérieur pendant cette période.

La décision disciplinaire a été prononcée le 19 juillet dernier à l’encontre de Pascal M., spécialiste du droit des libertés fondamentales, le droit constitutionnel, le droit des médias, du droit américain, et qui enseignait depuis plusieurs années dans cet établissement.

Des témoignages troublants

D’autres motifs avancés dans la décision de la section disciplinaire sont assez accablants: “Pression inadmissible sur les étudiants”, “expulsions pendant son cours”, “propos grossiers et choquants”, “utilisation très contestable des réseaux sociaux”, “distribution de bouteilles de champagne”, “mode de communication non éthique avec sa hiérarchie, ses collègues”.

Le président de l'université de Poitiers, interrogé par La Nouvelle République préfère de son côté "laisser faire la justice et ne pas commenter" les faits de cette affaire.

Le professeur nie en bloc

L’enquête de 7àPoitiers révèle également des témoignages d’étudiantes qui ont subi cette pression psychologique avancée par la commission de discipline. Certains témoins évoquent des “demandes insistantes”. 

“Oh! La jolie brune pulpeuse! (...) Est-ce parce que ça vous embête qu’on vous trouve 'pulpeuse' ou parce que vous vous imaginiez que ma préférence va au genre magazine de mode ?”, aurait par exemple dit le professeur selon un témoin.

De son côté, le professeur nie en bloc ces accusations et estime que son honneur professionnel est bafoué. Il a déjà interjeté appel de la décision de l’université auprès du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser).

J.A.