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Patrick Balkany condamné: "On s'est payé Balkany aujourd'hui", lance son avocat Éric Dupond-Moretti

"Nous allons bien sûr interjeter appel", a déclaré l'avocat Éric Dupond-Moretti qui s'est dit "sidéré par ce verdict", mais "pas surpris".

Le maire Les Républicains de Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, Patrick Balkany a été condamné à quatre ans de prison ferme pour fraude fiscale avec incarcération immédiate vendredi, a annoncé son avocat Éric Dupond-Moretti. "La prochaine étape c'est naturellement interjeter appel", a-t-il souligné.

"Je pense qu'on s'est payé Balkany aujourd'hui. Nous allons bien sûr interjeter appel", a déclaré l'avocat au sortir de l'audience. Il s'est dit "sidéré par ce verdict", mais "pas surpris".

Patrick Balkany a également été condamné à dix années d'inéligibilité et dix ans d'interdiction de gérer une société. Selon l'avocat, ce jugement est "une leçon de morale publique": "Naturellement on a oublié que ces faits étaient des faits anciens, on a résumé toute l'action de M. Balkany à sa fraude et toute sa vie à sa fraude".

"Le mandat de dépôt est une humiliation totalement inutile"

Éric Dupond-Moretti s'est montré particulièrement virulent à l'égard de la décision de mandat de dépôt. Il s'agit d'un ordre donné par un juge pour envoyer directement en détention une personne condamnée à de la prison ferme.

"Ce qui me choque le plus c'est évidement le mandat de dépôt qui est une humiliation totalement inutile et pour nous insupportable", a tancé l'avocat. "Jamais personne ne peut dire sérieusement que M. Balkany aurait tenté de prendre la fuite. Il a été présent à tous les actes de la procédure".

Selon Éric Dupond-Moretti, dans ce procès "on a battu tous les records. Dans des affaires avec des montants fraudés nettement supérieurs, on n'a pas envisagé le mandat de dépôt". Il ajoute ensuite: "La justice rendue au pied du mur de l'exemple c'est rarement une bonne justice".

Trois ans pour Isabelle Balkany, sans mandat de dépôt

La femme du maire, Isabelle Balkany, a également été condamnée à 10 années d'inéligibilité et dix ans d'interdiction de gérer une société. En revanche, elle a été condamnée à trois ans de prison ferme mais sans mandat de dépôt, ce qui signifie qu'elle est ressortie libre du tribunal.

Il s'agit du premier des deux jugements attendus après le procès ultra-médiatique du printemps: pour le second volet, consacré aux délits de blanchiment et de corruption, le délibéré a été fixé au 18 octobre.

Salomé Vincendon