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Paris: l'église Sainte-Rita évacuée malgré la mobilisation d'élus de droite

En dépit des protestations d'une dizaine d'élus de droite, l'évacuation de l'église située dans le 15e arrondissement de Paris a été évacuée mercredi matin. Le terme d'une longue bataille judiciaire sur fond de catholicisme traditionaliste.

La paroisse Sainte-Rita, après que son évacuation a été retardée plusieurs fois, a été vidée manu militari de ses occupants par les CRS ce mercredi matin. Douze cars ont été dépêchés rue François Bonvin par le ministère de l'Intérieur, dénonce Philippe Goujon, député-maire du 15e arrondissement. L'élu Les Républicains joint par BFMTV.com ne décolère pas et se dit "extrêmement indigné". Une dizaine d'élus qui avaient revêtu l'écharpe tricolore ont été pour certains "traînés par terre", affirme-t-il.

Ainsi, "Chantal Rolgen, qui a été directrice d'école toute sa vie". Tout comme, s'indigne encore Philippe Goujon, "le prêtre traîné par terre le long de toute la nef, en pleine messe. Au lendemain de l'enterrement du père Hamel, la police avait autre chose à faire que de procéder à l'évacuation d'une église en plein Paris. La police s'est déshonorée. Ce n'est pas très glorieux pour des CRS qui ont laissé détruire des commerces rue de Vaugirard." Philippe Goujon, qui se défend de se mêler de religion, fait observer: "Ce serait dans une mosquée, je réagirais pareil"."

La préfecture de Paris dénonce une "occupation" illégale

De son côté, la préfecture de Paris s'appuie sur l'opération de réhabilitation immobilière en cours alors que "le démarrage des travaux, initialement prévu en octobre 2015, s'est heurté à la présence d'occupants sans droit ni titre qui ont investi l'édifice religieux, la paroisse gallicane Sainte-Rita, situé sur ce terrain", précise son communiqué publié mercredi matin.

Contrairement au député-maire LR du 15e arrondissement, qui dénonce l'interruption violente de la messe, la préfecture s'en prend à l'initiative des occupants: "Lors de cette opération, une trentaine de personnes ont pris place à l'intérieur du bâtiment pour s'opposer à la reprise des lieux. Leur évacuation s'est déroulée sans incident."

Préservation du patrimoine contre spéculation immobilière?

Le députés des Français de l'étranger, Frédéric Lefebvre (LR), qui avait lancé la pétition SOS pour nos églises, était également présent sur les lieux. Il avait été prévenu de l'opération la veille par Philippe Goujon. D'après l'élu, l'évacuation "a eu lieu".

Sur le fond de l'affaire, Philippe Goujon vilipende "la spéculation immobilière". Et refuse le prétexte de la construction de logements sociaux, mis en avant par la mairie.

"Il y a une dizaine de logements privés et seulement trois ou quatre logements sociaux. La construction en a été confiée au groupe Lamotte, de Nantes", précise Philippe Goujon.

Le député-maire avance que des "négociations étaient en cours", notamment avec "des orthodoxes intéressés par le rachat de cette église". "Les décisions de justice ont bon dos", s'emporte-t-il.

Il reste que l'actuel propriétaire (l’association des Chapelles catholiques et apostoliques) et le promoteur demandent cette démolition depuis des mois. Emmené par l'abbé Guillaume de Tanoüarn, le collectif de défense de Sainte-Rita est a minima proche du culte traditionaliste, comme l'expliquait Street Press dès décembre 2015, évoquant une "ZAD d'extrême droite". Une allégation que Frédéric Lefebvre (parlant "d'identitaires") ne conteste pas, mais qui ne saurait, selon lui, justifier la destruction de Sainte-Rita. L'église s'était fait une spécialité d'une bénédiction annuelle d'animaux, qui attirait des centaines de personnes, chaque premier dimanche de novembre.

Peu après l'annonce de l'évacuation, la présidente du Front national, Marine Le Pen, a souhaité réagir sur Twitter:

David Namias