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Paris et sa périphérie "cibles" d'attentats fictifs

Près de la Tour Eiffel, des pompiers interviennent lors d'une simulation d'attaques terroristes. Trois jours après l'attentat déjoué de New York, les autorités françaises ont organisé un exercice, baptisé opération "Omega 2010", qui prévoyait trois explos

Près de la Tour Eiffel, des pompiers interviennent lors d'une simulation d'attaques terroristes. Trois jours après l'attentat déjoué de New York, les autorités françaises ont organisé un exercice, baptisé opération "Omega 2010", qui prévoyait trois explos - -

SAINT-DENIS, Seine-Saint-Denis - Trois jours après l'attentat déjoué de New York, les autorités françaises ont organisé mardi une simulation...

SAINT-DENIS, Seine-Saint-Denis (Reuters) - Trois jours après l'attentat déjoué de New York, les autorités françaises ont organisé mardi une simulation d'attaques terroristes à Paris et dans sa périphérie, trois explosions meurtrières censées avoir fait 25 morts.

L'opération "Omega 2010", décidée en janvier, n'est pas en lien avec les événements de Manhattan mais elle démontre que "la menace terroriste est une menace réelle", a souligné le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux.

L'objectif à court terme de la France, qui a mobilisé quelque 1.700 personnes pour cet exercice, est de faire la preuve de son efficacité en vue de la sélection du pays hôte de l'Euro 2016 de football, pour lequel elle concourt.

L'élu sera connu le 28 mai et "la sécurité sera certainement un des critères déterminants", a estimé Brice Hortefeux.

Le Stade de France, près de Paris, a été choisi à dessein comme l'une des cibles symboliques de ces attentats présumés.

10h15. Lors d'un match de rugby du Top 14, un homme dépose un sac bourré d'explosif dans la tribune Est du stade. Le sac explose avant l'entrée des équipes sur le terrain, tuant le terroriste présumé et neuf spectateurs.

Un message, diffusé sur écran et par haut-parleur, invite une assistance fictive à évacuer le stade "suite à un incident".

Les sapeurs pompiers de Paris, le Samu, la Croix-Rouge, la police interviennent pour prendre en charge les blessés les plus graves et détecter d'éventuelles autres charges explosives.

Des figurants, maquillés de faux sang pour laisser croire à de graves blessures, gisent dans les travées ou sur des sièges.

Des mannequins de tissu inexpressifs, pour certains maculés de sang, représentent les victimes. Sur chacun d'eux, un carton plastifié avec l'abréviation "DCD" - "Décédé" - et les données disponibles sur leur état civil.

"Je ne sens plus mes jambes, je vais mourir", répète une jeune femme dans l'attente des secours. Une autre, moins convaincue du sérieux de l'exercice, lance en riant : "Je suis choquée et personne ne vient me chercher!".

UN KAMIKAZE AU PIED DE LA TOUR EIFFEL

Brice Hortefeux arrive alors, aux côtés de Martine Monteil, secrétaire générale de la zone de défense de Paris, et de Michel Gaudin, préfet de police de Paris. Il se fait expliquer les opérations en cours, notamment le transfert de 12 blessés graves vers les hôpitaux les plus proches.

Le scénario n'en reste pas là. Les "terroristes" ont frappé entre-temps quai de la Bourdonnais, à un embarcadère situé au pied de la tour Eiffel, au coeur du Paris touristique.

Un kamikaze, porteur d'un sac à dos chargé de cinq kilos d'explosif conventionnel, actionne le dispositif sur la terrasse d'un établissement de restauration rapide au bord de la Seine. Bilan : 10 morts et 15 blessés graves.

Des membres humains, épars, témoignent de la violence de la déflagration. Là encore, des mannequins gisent sur le quai, tandis que les membres de la police scientifique, vêtus de combinaisons blanches, "lèvent le doute" sur la présence éventuelle d'agents nucléaires ou biochimiques.

Sous le pont, coupé à la circulation, le Samu a installé à l'abri d'une tente blanche un poste médical. Des pompiers et la brigade fluviale patrouillent sur la Seine, sous l'oeil intrigué de touristes. Brice Hortefeux s'est aussi rendu sur les lieux.

Une porte-parole de la préfecture de police estime que l'exercice Omega 2010, conclu en Seine-et-Marne par une explosion au centre commercial Carré Sénart (cinq morts, dix blessés graves) vers 10h30, est "très satisfaisant".

"Ce qui s'est déroulé il y a quelques jours à New York nous rappelle que notre vigilance doit être permanente", a déclaré le ministre de l'Intérieur.

Le plan Vigipirate est actuellement au rouge en France, avant-dernier niveau sur une échelle de gravité de quatre jalons qui atteste d'un risque terroriste avéré.

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse