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Militaires blessés à Levallois-Perret: ce que l'on sait

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- - Des policiers sur le lieu de l'attaque à Levallois-Perret, mercredi 9 août - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Six militaires de l'opération Sentinelle ont été blessés mercredi matin par une voiture qui leur a foncé dessus à Levallois-Perret, une ville des Hauts-de-Seine limitrophe de Paris. Un homme a été interpellé dans le nord de la France, sur l'autoroute A16.

À 7h55 du matin mercredi, six militaires du 35e régiment d'infanterie de Belfort, déployés dans le cadre de l'opération Sentinelle, ont été blessés lorsqu'une voiture les a percutés, place Verdun à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine. Quatre d'entre eux, légèrement blessés, ont été transportés à l'hôpital Bégin. Les militaires plus sérieusement blessés ont été transportés à l'hôpital Percy de Clamart.

Selon les images de vidéosurveillance, la voiture, une BMW de couleur noire, était garée dans une rue adjacente et attendait visiblement les militaires pour leur foncer dessus. La voiture a tout d'abord roulé doucement, s'approchant des militaires, avant d'accélérer dans leur direction.

> Un suspect interpellé

Un individu, qui circulait à bord du véhicule recherché, a été interpellé en début d'après-midi sur l'autoroute A16, dans le nord de la France, par des hommes de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) de Lille et Rouen. L'arrestation a eu lieu à hauteur de la commune de Marquise, entre Boulogne-sur-Mer et Calais. Pour mieux arrêter le suspect, les policiers ont suscité une simulation d'embouteillage.

Le suspect a été blessé par balles après avoir fait preuve de résistance lors de son interpellation, et a été transféré vers un hôpital. Au moment d'être arrêté, il a tenté de prendre la fuite, a percuté un véhicule de police, avant de faire un geste laissant à penser qu'il était armé. Les policiers ont fait usage de leur arme pour le neutraliser. Un policier a d'ailleurs été blessé à la cuisse durant l'interpellation.

Agé de 36 ans, l'homme interpellé sur l'autoroute A16 est domicilié dans les Yvelines et n'est pas connu des services de renseignement, selon nos informations. Il était toutefois inscrit depuis 2013 au traitement d'antécédents judiciaires pour avoir commis une infraction d'aide à l'entrée sur le territoire français d'étrangers en situation irrégulière. De nationalité algérienne, il était actuellement titulaire d'une carte de séjour.

> Attaqués devant leur logement

Les soldats de la force Sentinelle sortaient d'un immeuble utilisé comme caserne, au moment où ils ont été percutés par le véhicule. Cinquante militaires habitent cet l'immeuble de logements sociaux de Levallois-Perret depuis plus de deux ans. Leur casernement se situe à proximité de la Mairie et à quelques centaines de mètres des sièges de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) et la SDAT (Sous-direction anti-terroriste).

Le parquet anti-terroriste a ouvert une enquête en flagrance, des chefs de tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique, en lien avec une entreprise terroriste.

> L'état de santé des militaires rassurant

Six militaires ont été blessés. Trois ont été légèrement blessés et ont été hospitalisés à l'hôpital d'instruction des Armées de Bégin à Saint-Mandé. Ils souffrent d'ecchymoses. Les trois autres, qui souffraient de blessures plus sérieuses, sans que leur pronostic vital ne soit engagé, ont été transférés vers l'hôpital militaire de Percy à Clamart. Après s'être rendus au chevet des militaires, la ministre des Armées et le ministre de l'Intérieur se sont félicités de l'amélioration de santé des hommes.

"Nous craignions ce matin qu'ils ne soient gravement atteints. Ce n'est pas le cas, nous nous en félicitons", a déclaré Gérard Collomb.

> Un acte "délibéré"

Patrick Balkany, maire de Levallois-Perret, a évoqué "un acte délibéré". La préfecture de Paris évoque également un acte "a priori volontaire", sans préciser si l'acte était de nature terroriste.

Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a indiqué que "tous les moyens étaient mis en œuvre pour neutraliser" le ou les auteurs de l'agression. De son côté Gérard Collomb, a dénoncé un "acte délibéré".

Sept mille militaires de la force Sentinelle sont déployés sur tout le territoire français. Plus de 3.000 d'entre eux sont en réserve.

G.D. avec Cécile Ollivier