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Metz: l'adolescente a persuadé son père de l'emmener en Belgique

Aurore, 13 ans, et son père, portés disparus dimanche soir et retrouvés jeudi matin.

Aurore, 13 ans, et son père, portés disparus dimanche soir et retrouvés jeudi matin. - -

C'est la jeune Aurore, 13 ans, qui a persuadé son père de se débarrasser de leurs portables et de partir sans donner de nouvelles à sa mère, a indiqué vendredi le parquet de Metz. Tous deux avaient fait l'objet d'un avis de recherche.

Elle souhaitait "faire un break avec sa mère". Le procureur adjoint de Metz, Laurent Czernik, a indiqué vendredi qu'Aurore Mangel et son père, portés disparus dimanche soir à Metz et retrouvés dans le Nord, jeudi matin, étaient partis pour une virée en Belgique à la demande de l'adolescente.

Après leur disparition, l'inquiétude avait été grande. C'était la première fois qu'Aurore, 13 ans, passait des vacances avec son père, Michael Krackenberger, qui souffre de troubles de la personnalité. Sa mère, qui a la garde de l'adolescente, avait accepté de la lui confier tout le mois d'août, mais avait demandé à sa fille de lui envoyer des nouvelles par texto chaque jour.

"Voir la mer"

Dimanche soir, Michael Krackenberger s'était rendu chez son père et lui avait demandé les clefs de sa Suzuki Baleno. Il lui avait indiqué qu'il souhaitait raccompagner Aurore chez sa mère car il faisait trop chaud dans son studio. Puis plus rien. Les deux téléphones portables avaient été coupés.

Vendredi, le procureur adjoint a indiqué qu'Aurore avait "convaincu son père d'aller voir la mer" à Ostende, en Belgique, et de se débarrasser de leurs portables, qu'ils ont "jetés par la fenêtre du véhicule". C'est là qu'ils se sont rendus lundi matin, avant de stationner deux jours à Gand, également de l'autre côté de la frontière.

Aurore avait avec sa mère des "relations compliquées, qui peuvent être difficiles", a précisé le magistrat du parquet, et ne voulait pas rentrer chez elle.

Panne d'essence "simulée"

C'est à leur retour en France, à Halluin dans le Nord, qu'ils ont été reconnus par un couple chez qui ils ont pris un café. Ils venaient de lui expliquer qu'ils étaient tombés en panne et ne savaient pas qu'ils étaient recherchés, selon le témoignage dans la Voix du Nord de Vanessa, la jeune femme qui leur a ouvert sa porte.

Cette panne d'essence a été "simulée", a précisé vendredi Laurent Czernik, "pour trouver un téléphone et donner des nouvelles à la famille".

Le procureur adjoint a précisé qu'un juge pour enfants avait ordonné un accompagnement psychologique pour Aurore. Son père a été placé en garde à vue pour soustraction de mineure "avec circonstances aggravées", parce qu'il a emmené l'enfant en dehors du territoire français. Si son état de santé ne nécessite pas un placement immédiat en hôpital psychiatrique, il devrait être mis en examen samedi.

Mathilde Tournier avec AFP