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Mediator: transaction financière importante entre Servier et une victime

Une boîte de Mediator, médicament controversé à l'origine de problèmes cardiaques.

Une boîte de Mediator, médicament controversé à l'origine de problèmes cardiaques. - -

Une première transaction entre une victime du Mediator et les laboratoires Servier pourrait en annoncer d'autres. Une plaignante aurait obtenu une somme de plusieurs milliers d'euros.

Va-t-elle initier un mouvement bientôt suivi par d'autres victimes du Mediator? Une Poitevine de 59 ans, dont une pathologie cardiaque a été liée au Mediator, a obtenu des laboratoires Servier une somme importante dans le cadre d'une transaction extrajudiciaire.

Un préjudice évalué à 350.000 euros

Maître François Gaborit, avocat de la patiente, qui avait évalué son préjudice à 350.000 euros, a informé début novembre le Tribunal de grande instance de Poitiers qu'il se désistait de sa demande d'indemnisation, a-t-il indiqué, confirmant une information de la Nouvelle République.

L'avocat de cette patiente souffrant d'un dysfonctionnement des valves cardiaques, une valvulopathie, s'est refusé à commenter les raisons du désistement. Un porte-parole des Laboratoires Servier a pour sa part confirmé un accord, sans autre précision.

Les transactions de cette nature sont régulièrement accompagnées de strictes clauses de confidentialité, rappelle-t-on de source judiciaire. Maître Gaborit avait saisi en avril le juge des référés d'une demande de "250.000 euros de provisions, appuyée sur un bon rapport d'expertise", a-t-il rappelé. Sur la base de l'expertise médicale judiciaire, il évaluait le préjudice global à environ 350.000 euros.

Maître Luc Billy, avocat de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie dans ce dossier, a aussi confirmé l'accord entre Servier et la patiente. La CPAM, pour sa part, réclame toujours 10.000 euros de créance au laboratoire.

Se désister pour échapper à des indemnisations dérisoires

Depuis ce désistement, maître Gaborit a été contacté par deux autres patientes aux pathologies liées au Mediator. Celles-ci s'étaient initialement tournées vers le fonds public géré par l'Oniam (Office national d'indemnisation des accidents médicaux), un organisme mis en place par le ministère de la Santé pour accélérer les indemnisations et saisi de quelque 8.000 demandes en lien avec le Mediator, mais les sommes proposées étaient "ridiculement basses", entre 3.500 et 7.500 euros, assure-t-il.

Maître Gaborit n'était pas en mesure de dire si le désistement de sa patiente, après sa demande portant sur des centaines de milliers d'euros, est ou non une première dans l'affaire Mediator, un antidiabétique commercialisé de 1976 à 2009, très utilisé comme coupe-faim, et soupçonné d'avoir causé des centaines de morts.

Mais selon une source proche du dossier, "des transactions sont en train de se signer", même si aucun chiffre n'a a été révélé à ce jour.

Plusieurs centaines de recours en indemnisation visant le laboratoire ont été déposées devant les juridictions civiles.

D. N. avec AFP