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"Martyre de l'A10": les parents d'une fillette morte en 1987 placés en garde à vue

Un nouvel appel à témoins avait été lancé en 2012.

Un nouvel appel à témoins avait été lancé en 2012. - Alain Jocard - AFP

Le corps d'une petite fille, âgée entre 3 et 5 ans, a été découvert au bord d'une autoroute en 1987. Son corps n'avait jamais été réclamé.

30 ans que son identité n'était pas connue. 30 ans que sa dépouille n'avait pas été réclamée. L'un des plus vieux "cold case" français serait en passe d'être résolu avec l'interpellation et le placement en garde à vue mardi d'un couple de sexagénaires, qui seraient les parents de celle qui a été surnommée "la petite martyre de l'A10", une enfant retrouvée morte en 1987 près de Blois. Ils ont été déférés face au juge d'instruction du tribunal de grande instance de Blois en milieu d'après-midi..

C'est une enquête qui remonte au 11 août 1987. Ce jour-là, des agents d’entretien de l’autoroute font une découverte macabre à la hauteur de la commune de Suèvres, près de la sortie Blois, dans le sens Paris-Province. Ils retrouvent le corps d'une fillette, âgée entre 3 et 5 ans avec les cheveux bruns bouclés et les yeux marron foncé. Dissimulée sous une couverture, l'enfant porte un short, un t-shirt et une robe de chambre. Les premières constatations sont éprouvantes: la petite fille présente de nombreuses traces de coups, de morsures et de brûlures.

L'ADN du frère identifié

Les enquêteurs ont la conviction qu'il s'agit d'un meurtre mais les éléments à leur disposition sont minces. L'enfant n'est pas réclamée et aucune disparition n'est signalée. La gendarmerie avait, à cette occasion, lancé la plus grande diffusion judiciaire jamais entreprise en France. Près de 65.000 écoles avaient été visitées à la rentrée scolaire, et 6.000 médecins ou assistantes maternelles avaient été rencontrés pour essayer de donner un nom à cette jeune victime. Le signalement de la fillette avait été diffusé dans plus de 30 pays et sa photographie placardée dans tous les endroits publics. 

Avec les progrès de la police scientifique et technique, les investigations tentent d'être relancées en 2008. 21 ans après la découverte du corps, l'ADN de la fillette est inscrit au FNAEG, le fichier national automatisé des empreintes génétiques. Des comparaisons sont réalisées mais aucun autre ADN ne correspond... jusqu'à ce jour de 2017. Grâce à la technique dite de "la parentèle", un ADN "matche". Son propriétaire est un frère de la fillette, interpellé, quelques semaines plus tôt, pour des faits de violences. 

Une enquête est alors diligentée pour identifier ses parents, qui ont été interpellés dans l'Aisne et en Seine-Saint-Denis. Les gendarmes de la section de recherches d'Orléans vont éplucher les fichiers de la CAF - caisse d'allocations familiales - et découvrent que la petite fille, qui appartient à une fratrie de sept enfants, a été déclarée à l'Etat civil mais aussi auprès de la caisse mais qu'elle a disparu des listings de l'administration. La petite fille s'appelle Ynass, elle avait 4 ans au moment de sa mort. En 1987, elle avait deux soeurs.

Justine Chevalier avec Cécile Ollivier