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Les viols et les violences intrafamiliales en hausse en 2020

Police (illustration)

Police (illustration) - AFP

A l'exception des autres indicateurs de la délinquance, qui ont fortement chuté l'année dernier, marquée par le confinement, les violences sexuelles et intrafamiliales sont à la hausse.

Il s'agit d'une première photographie. Le ministère de l'Intérieur publie ce jeudi un premier état des lieux de la délinquance en France pour l'année 2020. Une année marquée par les deux périodes de confinement en mars et en novembre qui a fait baisser fortement la plupart des indicateurs par rapport à l'an dernier, à l'exception des violences sexuelles et intra-familiales, selon les chiffres communiqués par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure.

Les faits de viols et de violences intrafamiliales ont progressé, pour la troisième année consécutive. L'année 2020, les services de police et de gendarmerie ont enregistré 11% de plaintes en plus pour des faits de viols et 9% en plus pour des faits de violences intrafamiliales. Une augmentation plus modérée que l'an dernier. En 2019, la hausse enregistrée était de 19% pour les viols et de 14% pour les violences intrafamiliales.

"L’augmentation sensible des violences sexuelles enregistrées ces dernières années s’explique notamment par une évolution du comportement de dépôt de plainte des victimes, dans le climat de l’affaire Weinstein et des différents mouvements sur les réseaux sociaux pour la libération de la parole des victimes", précise le ministère de l'Intérieur, notant également "un meilleur accueil" des victimes par ses services.

"Le nombre de victimes de violences sexuelles enregistrées sous-estime encore largement le phénomène", nuance-t-on toutefois du côté de Beauvau.

Augmentation des plaintes pour viols

Les violences intrafamiliales, qui ont connu un pic lors du premier confinement, nourrissent la hausse des coups et blessures volontaires sur personnes de 15 ans ou plus. Les victimes de ces faits représentent désormais un peu plus de la moitié des victimes de coups et blessures volontaires, contre 44% en 2018. Là encore, l'évolution de la société serait une explication.

"Cette part s’est particulièrement accrue depuis l'été 2019", souligne le ministère qui y voit un des effets possibles du "Grenelle des violences conjugales" à l'automne dernier, qui a pu conduire à une hausse des plaintes, et d'un "meilleur accueil" des victimes par les services de sécurité.

Toutefois, les services du ministère notent une baisse "drastique" pour les autres indicateurs de la délinquance en France. Ainsi les vols sans violence contre les personnes, qui ont chuté de 24% par rapport à l'année dernière, les cambriolages de logements, dont la baisse enregistrée est de 20%, les vols violents sans arme (-19%), les vols dans les véhicules (-17%), les vols de véhicules (-13%) tout comme les destructions et dégradations volontaires.

Un "effet confinement" sur la délinquance

Ces chutes sont particulièrement observées pendant les deux périodes de confinement, du mois de mars au mois de mai et du mois d'octobre au mois de novembre, périodes pendant lesquelles les vols sans violence ont chuté de 58% et les cambriolages de logements de 57%. La baisse y a été moindre pour les violences sexuelles (-26%), les escroqueries et abus de confiance (-22%) et les CBV (-19%, et seulement -4% pour les victimes intrafamiliales).

L'"effet confinement" est en effet à regarder indépendamment selon les indicateurs. Si le nombres de victimes de violences sexuelles et d'escroqueries et abus de confiance a largement chuté pendant le premier confinement (respectivement -56% et -60%), il a augmenté lors du deuxième (respectivement +5% et +15%).

Après une hausse en début d'année des plaintes pour des violences intrafamiliales, leur nombre a fortement diminué au début du premier confinement, passant de 2800 victimes à 1700 victimes en deux semaines. Ce chiffre est reparti ensuite à la hausse jusqu'à l'instauration des mesures successives de couvre-feu puis du deuxième confinement.

https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier avec AFP Journaliste police-justice BFMTV