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Le préfet de police de Paris condamné 135 fois pour avoir fait entrave au droit d'asile

Le préfet de police de Paris a été condamné pour avoir fait entrave au droit d'asile.

Le préfet de police de Paris a été condamné pour avoir fait entrave au droit d'asile. - Miguel Medina - AFP

En s'arrangeant pour empêcher des réfugiés de demander l'asile, le préfet de police de Paris s'est attiré les foudres d'associations qui l'ont fait condamner 135 fois d'affilée, révèle mercredi Le Canard Enchaîné.

C'est sans doute un record. A la fin du mois d'avril, et en l'espace d'une semaine, le préfet de police de Paris s'est vu condamner 135 fois par le tribunal administratif de Paris pour avoir manqué aux devoirs de la France sur le droit d'asile. 

Une technique bien rôdée

Comme le révèle le Canard Enchaîné dans son édition du 4 mai, le préfet de police avait mis en place un système bien huilé pour enrayer le droit d'asile. Pour faire une demande, les réfugiés devaient s'inscrire sur une plateforme en ligne, y demander un rendez-vous et attendre qu'on leur attribue une date. 

Problème: les quotas de rendez-vous sont tellement restreints que la très grande majorité des demandeurs n'obtenaient jamais d'entretien. Faute d'être prévenus, ils attendaient en vain et... dépassaient les délais. Ils devienaient alors automatiquement expulsables, puisque de nouveau en situation irrégulière sur le territoire français. 

Les associations attaquent 

Alarmé sur la situation, le Collectif asile en Île-de-France a décidé de réagir, et d'attaquer ces pratiques devant le tribunal administratif. Dans un communiqué, ce groupement d'associations se félicite du résultat obtenu 135 fois d'affilée. 

"En deux semaines, plus de 135 requêtes ont abouti positivement, le tribunal ayant enjoint à la préfecture de convoquer les personnes sous 10 jours pour l’enregistrement de leur demande d’asile" se réjouit le Collectif asile.

En 2014, la France a reçu, via l'OFPRA, 64.811 demandes d'asile, principalement depuis l'Asie, et la République démocratique du Congo. Pour autant, les associations expliquent que "les dysfonctionnements constatés en Île-de-France ne sont en rien la conséquence d’un "afflux massif" imprévisible".

P.A.