BFMTV

Le numéro deux de la PJ de Lyon mis en examen

Le numéro deux de la police judiciaire de Lyon, Michel Neyret, mis en cause dans une affaire de corruption qualifiée de "séisme" par le ministre de l'Intérieur, devait être présenté dans la journée à un juge d'instruction parisien. /Photo d'archives/REUTE

Le numéro deux de la police judiciaire de Lyon, Michel Neyret, mis en cause dans une affaire de corruption qualifiée de "séisme" par le ministre de l'Intérieur, devait être présenté dans la journée à un juge d'instruction parisien. /Photo d'archives/REUTE - -

Le numéro deux de la police judiciaire de Lyon Michel Neyret a été mis en examen ce lundi dans l'enquête pour corruption et trafic d'influence qui secoue la police depuis plusieurs jours et a mis au jour un système de détournement de drogue pour rémunérer les indicateurs.

Après quatre jours de garde à vue, Michel Neyret, numéro deux de la police judiciaire de Lyon, doit désormais être présenté à un juge des libertés et de la détention qui décidera d'un éventuel placement en détention provisoire, requis par le parquet. "Cette mise en examen est logique. Michel Neyret a été constant dans ses déclarations", a déclaré l'un de ses avocats, Me Aurélie Sauvayre.

Si le parquet demande son placement en détention, comme c'est probable, un juge des libertés devra statuer. Cinq autres policiers lyonnais également arrêtés depuis jeudi et placés en garde à vue sont susceptibles d'être poursuivis.

Il s'agit du chef de la brigade de recherche et d'intervention (BRI, "anti-gang") de Lyon, de deux dirigeants de l'antenne de police de Grenoble et de deux membres de la brigade des stupéfiants.

Un débat judiciaire semble ouvert sur la nature exacte des faits reprochés à Michel Neyret et ses proches.

Le policier, en poste depuis deux décennies à Lyon, parle selon son avocat de méthodes professionnelles destinées à conforter un réseau d'informateurs et d'indicateurs.

Une hypothèse d'enquête ouvre cependant la possibilité de pratiques différentes, plus proches de la corruption pure et simple et du profit personnel.

L'épouse de Michel Neyret a ainsi été mise en examen samedi pour "recel de corruption, de trafic d'influence et de vol, association de malfaiteurs", des chefs qui évoquent le bénéfice matériel de produits d'infractions.

Ecoutes téléphoniques

Michel Neyret serait confondu, selon l'accusation, par des écoutes téléphoniques menées initialement dans l'enquête sur un trafic international de stupéfiants où il est apparu fin 2010 et début 2011 dans des conversations avec des truands.

Une nouvelle information judiciaire confiée en mai sur cet aspect spécifique du dossier a permis de nouvelles écoutes téléphoniques qui seraient encore plus accablantes pour le policier lyonnais.

Elles laissent penser qu'il avait comme "pratique régulière" de puiser dans des stocks de cannabis saisis durant des enquêtes.

Il est question aussi de sommes offertes par des membres présumés du "milieu" lyonnais, notamment un montant de 30.000 euros pour des séjours à Marrakech (Maroc), et de prêt de voitures de luxe. Deux figures supposées du banditisme local ont été écrouées durant le week-end.

Ce dossier, de loin le plus grave dans la police depuis une quinzaine d'années en France, et qui touche de plus une figure respectée de la hiérarchie policière, très en vue dans les médias, a provoqué un choc dans l'exécutif.

Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a parlé dimanche de "terrible séisme pour la police nationale".

"Il va de soi que si les faits sont avérés, les sanctions seront immédiates", a-t-il dit sur BFM TV.

Cette affaire survient alors même que les gouvernements tentent depuis quelques années d'encadrer les pratiques des policiers avec leurs indicateurs.

Les syndicats de police et d'anciens responsables hiérarchiques ont déclaré que leur métier supposait des liens avec des personnes proches du banditisme. Les policiers doivent en principe depuis quelques années déclarer ces indicateurs ainsi que les rémunérations qui leur sont accordées.