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Lancement lundi en France du premier parquet national antiterroriste

Le procureur Jean-François Ricard, le 24 juin 2019 à Paris

Le procureur Jean-François Ricard, le 24 juin 2019 à Paris - JOEL SAGET, AFP

Le premier parquet national antiterroriste (PNAT) de l'histoire entre en fonction lundi: sous la direction du nouveau procureur Jean-François Ricard, vingt-six magistrats se consacreront aux affaires de terrorisme et de crimes contre l'humanité, du début des investigations jusqu'au procès.

Cette nouvelle structure, créée par la récente loi de réforme pour la justice, est voulue comme une "force de frappe judiciaire" antiterroriste adaptée à la menace d'aujourd'hui. Elle avait été réclamée par certains après la vague d'attentats jihadistes perpétrés en 2015 et 2016 sur le sol français, quand d'autres continuent de décrier une mesure "gadget" alors que le nombre de nouvelles enquêtes diminue.

Disparition de la section antiterroriste du parquet de Paris

Avec le lancement du PNAT disparaît la section antiterroriste du parquet de Paris, déjà délestée depuis fin 2013 des affaires de grande délinquance financière avec la création du Parquet national financier (PNF).

Cette section d'élite était chargée depuis trente-trois ans de la lutte contre le terrorisme et des atteintes à la sûreté de l'Etat au niveau national. Elle s'était saisie des enquêtes sur les attaques jihadistes à Paris et sa région, Trèbes, Nice ou Strasbourg, ou encore dernièrement de l'explosion au colis piégé qui a fait treize blessés à Lyon.

Les quatorze magistrats de la section sont intégrés au nouveau parquet antiterroriste et leur cheffe Camille Hennetier est l'un des deux procureurs adjoints de Jean-François Ricard, avec Jean-Michel Bourles, ancien conseiller de l'ex-ministre Rachida Dati à la Chancellerie.

Forte augmentation du nombre d'affaires

Grande nouveauté, le parquet antiterroriste représentera le ministère public lors des procès, en correctionnelle comme aux assises. "C'est un point très important du PNAT: des magistrats qui auront vécu les affaires dès les premiers instants et rédigé les premiers procès-verbaux iront jusqu'à l'audience", où ils prendront leurs réquisitions, souligne le nouveau procureur du PNAT.

Depuis l'explosion des enquêtes terroristes à partir de 2012 et des tueries de Mohamed Merah à Toulouse et Montauban, la donne a changé: le nombre de nouvelles affaires est passé de 308 en 2016 à 171 deux ans plus tard.

"On est maintenant dans la phase jugement. Et il y a une masse de travail pour des années" avec les prochains procès des attentats sanglants de 2015-2016, pointe le nouveau procureur antiterroriste.

Ivan Valerio, avec AFP