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La police rappelle à ses agents le devoir de "neutralité religieuse"

Deux policiers en vêtements traditionnels musulmans interpellent un suspect, mercredi à Marseille

Deux policiers en vêtements traditionnels musulmans interpellent un suspect, mercredi à Marseille - Capture d'écran

Le directeur de la police a signé une note à la mi-octobre rappelant à ses agents "le devoir de stricte neutralité", a-t-on appris mercredi auprès de l'agence spécialisée AEF.

Des "signalements récents" de comportements "contraires au devoir de neutralité" ont poussé le directeur général de la police nationale, Jean-Marc Falcone, à recadrer les fonctionnaires placés sous son autorité. Dans une note interne datée du 15 octobre dernier et révélée mardi par l'agence AEF, spécialisée dans les questions de sécurité, Jean-Marc Falcone insiste sur la "neutralité religieuse" exigée au sein de l'administration, et désigne l'IGPN, connue sous le surnom de "police des polices", comme étant le "service référent" sur ces questions. 

"A aucun moment, une personne en relation avec le service, que ce soit un usager ou un autre agent, ne doit être en capacité de constater, par un signe ou un comportement, l’appartenance religieuse de l’agent public. Cela serait de nature à mettre en cause la neutralité du service", rappelle ensuite l'IGPN dans un document annexe.

Parmi les éléments prohibés, "le port d'une tenue ou d'un signe distinctif" d'une religion. La police des polices préconise toutefois aux supérieurs hiérarchiques de "privilégier le dialogue" plutôt que la solution "disciplinaire", et distingue plusieurs degrés de "gravité", selon que le signe est porté "en présence ou non du public, et qu'il est ostentatoire (foulard islamique, kippa, grande croix…) ou discret (petite croix, médaille, étoile de David, main de Fatima…)".

Un policier suspendu pour islamophobie

L'IGPN condamne tout autant les comportements qui pourraient être interprétés comme "une critique à l'égard d'une croyance particulière", y compris "en dehors du service", "sous une forme atténuée qui est celle de l'obligation de réserve". 

Ainsi, le 6 octobre dernier, un policier lyonnais a été suspendu de ses fonctions après avoir été condamné par le tribunal correctionnel pour "provocation à la haine raciale et religieuse", rapporte Le Progrès.

Sébastien Jallamion, 43 ans, en poste dans un commissariat, avait publié l'an dernier plusieurs messages à caractère islamophobe sur Facebook, en réaction à la décapitation d'Hervé Gourdel par des terroristes islamistes. Des messages qui avaient été signalés à sa hiérarchie, puis avaient fait l'objet de poursuites judiciaires. En avril dernier, il avait ainsi écopé de 5.000 euros d'amende. Le parquet, qui avait requis huit mois de prison dont cinq mois ferme, a fait appel. Le policier sera rejugé une seconde fois. 
Alexandra Gonzalez