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La ministre Élisabeth Moreno saisit la justice après des propos d'Éric Zemmour sur les mineurs isolés

Le parquet a requis mercredi 10.000 euros d'amende, avec possibilité d'emprisonnement en cas de non-paiement, à l'encontre d'Eric Zemmour, jugé pour injure et provocation à la haine raciale après un discours tenu en septembre à Paris lors d'une "Convention de la droite"

Le parquet a requis mercredi 10.000 euros d'amende, avec possibilité d'emprisonnement en cas de non-paiement, à l'encontre d'Eric Zemmour, jugé pour injure et provocation à la haine raciale après un discours tenu en septembre à Paris lors d'une "Convention de la droite" - JOEL SAGET © 2019 AFP

Le polémiste a qualifié de "voleurs", assassins" et "violeurs" les mineurs isolés présents sur le territoire français.

Élisabeth Moreno, a demandé à la DILCRAH (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT) de saisir le procureur de la République après des propos d'Éric Zemmour sur les mineurs isolés. "Une sortie abjecte et raciste", dénonce la ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances, qui dit avoir échangé avec le président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) à ce sujet.

Une séquence polémique

Dans le cadre de son émission sur CNews, l'essayiste, alors interrogé sur les mineurs isolés sur le territoire français, a assuré qu'il fallait "renverser la table" et que "ces jeunes, comme le reste de l'immigration, ne viennent plus".

"Ils n’ont rien à faire ici, je vous le répète. Ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont. Il faut les renvoyer, il ne faut même pas qu’ils viennent", a-t-il poursuivi.

"Ceux qui sont violeurs, ceux qui sont assassins", a rétorqué la présentatrice Christine Kelly. "Non, il ne faut pas se laisser le choix, il ne faut laisser rentrer personne", a répliqué Éric Zemmour.

Éric Zemmour a au passage montré du doigt les instances européennes qui, selon lui, sont responsables de la présence de ces mineurs isolés sur le territoire national.

"Si pour cela il faut sortir de la Cour européenne des Droits de l’Homme, qui je vous le rappelle est l’origine du mal, puisque c’est elle et la convention des Droits de l’Enfant qui nous oblige à expulser personne, il faudra sortir de la Convention européenne des droits de l’homme", martèle-t-il. "On vous laisse la responsabilité de vos propos", a lancé Christine Kelly en conclusion de la séquence.

Plaintes en série

Élisabeth Moreno n'est pas la seule à vouloir porter l'affaire devant les tribunaux. Toujours sur Twitter, Dominique Sopo, président de SOS Racisme, a annoncé un dépôt de plainte. "Une fois de plus la justice devra passer sur ses appels à la haine", a réagi de son côté la Licra, pour qui la "liberté d'expression n'est pas une liberté absolue".

Déjà condamné pour des propos antimusulmans, Éric Zemmour a été également condamné la semaine passée à 10.000 euros d'amende par le tribunal de Paris pour injure et provocation à la haine après des propos violents sur l'islam et l'immigration en ouverture de la "convention de la droite" organisée par des proches de l'ex-députée Marion Maréchal.

Au-delà d'Élisabeth Moreno, cette nouvelle séquence a été condamnée par une large partie de la classe politique. La ministre déléguée Marlène Schiappa a critiqué un discours "stupide et incohérent" tandis que le vice-président de l'Assemblée nationale, Hugues Renson, a dénoncé "un abject et méprisable appel à la haine".

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV