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La femme d'Arnaud Beltrame: son sacrifice, "le geste d'un gendarme et d'un chrétien"

L'épouse du lieutenant-colonel de gendarmerie tué par Radouane Lakdim s'est confiée au magazine chrétien La Vie. Le couple, marié civilement, devait s'unir religieusement le 9 juin prochain et partageait la même foi.

Un mari "très attentionné," qui se sentait "intrinsèquement gendarme" et formait avec sa femme "un couple chrétien". Ce sont les mots utilisés par Marielle Beltrame pour décrire son époux, le lieutenant-colonel tué par Radouane Lakdim lors de l'attentat de Trèbes. Pour la première fois depuis la mort héroïque du gendarme, celle qui partageait sa vie prend la parole. Elle a choisi de se confier au magazine chrétien La Vie. Un choix chargé de sens, puisqu'elle partageait une profonde foi avec son mari. En 2016, tous deux s'étaient unis civilement, et ils devaient se marier religieusement le 9 juin prochain.

"Nous nous sommes longuement préparés au mariage religieux grâce au solide accompagnement des moines de Lagrasse. La célébration devait avoir lieu en Bretagne, car Arnaud y a ses racines. Il était d'ailleurs très proche de l'abbaye de Timadeuc, où il a fait de nombreuses retraites", explique-t-elle à l'hebdomadaire.

"Il me soutenait et m'emmenait vers le haut"

Elle évoque un mari "comme toute femme rêverait d'en avoir".

"Il n'avait de cesse de s'améliorer, d'être le meilleur époux possible et de me rendre heureuse. Il me soutenait et m’emmenait vers le haut, toujours avec beaucoup de respect", ajoute-t-elle. 

Dans les colonnes du même journal, un autre témoignage éclaire la manière dont le couple s'est rencontré.

"Après un pèlerinage à Sainte-Anne-d'Auray en 2015, où il demande à la Vierge Marie de rencontrer la femme de sa vie, il se lie avec Marielle, dont la foi est profonde et discrète", a expliqué le père Jean-Baptiste, qui préparait le couple au mariage et a passé les dernières heures du gendarme en sa compagnie, à l'hôpital de Carcassonne. Arnaud Beltrame s'est en effet converti au catholicisme à la trentaine.

Converti à 33 ans au catholicisme

"Arnaud parlait volontiers de sa conversion. Né dans une famille peu pratiquante, il a vécu une authentique conversion vers 2008, à près de 33 ans. Il reçoit la première communion et la confirmation après 2 ans de catéchuménat, en 2010", précise le prêtre.

Au regard de cette foi, pour Marielle Beltrame, la date de la mort et des obsèques de son époux sont très symboliques.

"Les obsèques de mon mari auront lieu en pleine Semaine sainte, après sa mort un vendredi, juste à la veille des Rameaux, ce qui n'est pas anodin à mes yeux. C'est avec beaucoup d'espérance que j'attends de fêter la résurrection de Pâques avec lui", confie-t-elle à La Vie.

Son sacrifice, "le geste d'un gendarme et d'un chrétien"

Concernant sa vie professionnelle, Arnaud Beltrame était d'après son épouse "profondément attaché à ce qu'il appelait la 'famille de la gendarmerie'", ne comptant pas ses heures ni son engagement. Mais plus que son amour pour sa mission, c'est d'après elle sa foi qui donne un sens à son sacrifice, puisqu'il s'est substitué à l'une des otages du supermarché et a été blessé au cou lors de son face-à-face avec le terroriste. 

"Arnaud avait une force de volonté hors du commun. (...) Pour lui, être gendarme, ça veut dire protéger. Mais on ne peut comprendre son sacrifice si on le sépare de sa foi personnelle. C'est le geste d'un gendarme et le geste d'un chrétien. Pour lui les deux sont liés, on ne peut pas séparer l'un de l'autre".
Charlie Vandekerkhove