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L'octogénaire qui avait vécu six jours le dentier coincé dans la gorge est mort

L'octogénaire avait accidentellement avalé son dentier

L'octogénaire avait accidentellement avalé son dentier - Flickr CC/Naoki Takano

Une erreur de diagnostic avait conduit un homme âgé de 85 ans à vivre six jours avec son dentier coincé dans la gorge. S'il avait finalement été opéré, son état de santé s'était gravement dégradé. Roland Marissael est mort dans la nuit de samedi à dimanche.

L'octogénaire qui avait avalé son dentier est mort. Roland Marissael vivait un calvaire depuis deux mois. Cet agriculteur à la retraite est décédé dans la nuit de samedi à dimanche à l'hôpital de Zuydcoote, près de Dunkerque, dans le Nord, rapporte La Voix du Nord. Il était dans un état grave depuis qu'il avait accidentellement avalé son dentier lors d'un repas de famille mi-août.

Son cauchemar avait duré six jours faute d'une radio de la gorge que sa famille avait pourtant demandé à plusieurs reprises. A Cambrai, une fausse route et un Alzheimer avec début de démence lui avait été diagnostiqués à tort.

"Il avait perdu 30 kilos"

Rentré chez lui, son état s'était aggravé le soir même. Sa famille l'avait alors emmené aux urgences de Dunkerque. Mais là encore, les médecins n'avaient pas estimé nécessaire de lui radiographier la gorge. L'octogénaire avait dû vivre six jours son dentier coincé dans les cordes vocales, qu'il avait sectionnées, avant d'être opéré en urgence. 

La santé du vieil homme s'était rapidement dégradée. "Il ne mangeait pas, se souvient Jean-Jacques, son fils, pour La Voix du Nord. En deux mois, il a bu l'équivalent d'une cuillère à soupe d'eau, il avait perdu 30 kilos, il s'est laissé partir."

"Il est mort parce qu'il y a eu des manquements"

Sa famille est en colère. Les proches de l'octogénaire accusent l'hôpital d'être responsable du décès de Roland Marissael. "Je ne me sens pas bien du tout, poursuit Jean-Jaques. Pour me soulager, je vais aller à l'hôpital de Dunkerque pour leur crier notre douleur. Je vais leur dire: l'assassin a réussi son coup."

Il assure que l'établissement de santé a commis plusieurs fautes.

"L'hôpital met sa mésaventure sur le compte de son âge sans préciser que les soignants auraient dû faire une radio de la gorge, poursuit-il pour le quotidien régional. Tout ça ressemble à un immense gâchis. Nous sommes encore plus remontés qu'au départ. Il n'est pas mort de maladie ou de vieillesse, il est mort parce qu'il y a eu des manquements à l'hôpital de Dunkerque."

Céline Hussonnois-Alaya