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L'artiste Deborah de Robertis interpellée après s'être mise nue dans le sanctuaire de Lourdes

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- - PASCAL PAVANI / AFP

Deborah de Robertis avait déjà été jugée pour exhibition sexuelle après avoir posée nue à côté de la Joconde, au musée du Louvre.

L'artiste franco-luxembourgeoise Déborah de Robertis a fait sensation samedi, dans le sanctuaire de Lourdes, en se mettant nue. Elle devrait comparaître devant le tribunal correctionnel de Tarbes le 19 mai prochain pour exhibition sexuelle. 

Selon le Journal du dimanche, qui a révélé l'affaire, l'artiste féministe s'était dénudée dans le sanctuaire et s'était placée, les mains jointes et la tête couverte d'un voile bleu, devant la grotte. Des personnes sont intervenues pour cacher sa nudité et ont appelé la police.

Capture d'écran, Deborah de Robertis
Capture d'écran, Deborah de Robertis © Capture d'écran, compte Twitter de Deborah de Robertis

"Les policiers ont été appelés par des personnes sur place, ils l'ont interpellée et placée quelques heures en garde à vue", a indiqué à l'AFP le procureur de Tarbes, Pierre Aurignac, précisant que la jeune femme avait expliqué la portée artistique de son geste.

Dans un communiqué, le Sanctuaire de Lourdes a annoncé qu'il avait porté plainte. "Nous condamnons cet acte d'exhibitionnisme qui a choqué les fidèles présents à la Grotte à ce moment-là", a écrit le Sanctuaire, évoquant cet "acte prémédité, lié à une démarche prétendument artistique". "Nous déplorons un tel mépris de la conscience religieuse et de la liberté de culte", a poursuivi le Sanctuaire, en demandant "le respect du caractère sacré de nos lieux de culte conformément au principe de la liberté religieuse".

Un acte "militant et artistique"

En octobre dernier, la jeune femme avait déjà été convoquée devant le tribunal correctionnel de Paris pour exhibition sexuelle après une performance similaire au musée du Louvre à proximité de la Joconde.

La juridiction parisienne l'avait relaxée, retenant les arguments de la défense, qui affirmait qu'elle accomplissait un "acte militant et artistique" et que l'on n'y retrouvait "pas d'élément intentionnel" de commettre une exhibition sexuelle. Cette performance consistait à "interroger la place des femmes dans l'histoire de l'art", avait-elle alors expliqué.

En revanche, l'artiste avait été condamnée à effectuer 35 heures de travail d'intérêt général pour avoir mordu au bras un gardien. Déborah de Robertis est une habituée des prétoires. En février, elle avait déjà été relaxée pour deux autres performances. Tandis qu'en 2014 et 2016, elle avait fait l'objet de deux rappels à la loi pour des performances dénudées au musée d'Orsay sous les toiles, L'origine du monde, de Gustave Courbet, puis L'Olympia, d'Edouard Manet.

Cy.C avec AFP