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Jeune fille tondue: l'avocate de la victime trouve "dommageable" l'expulsion soudaine de la famille

Justice (Photo d'illustration)

Justice (Photo d'illustration) - AFP

Me Céline Party, avocate de la jeune fille bosniaque, aurait souhaité que sa cliente "puisse dire au revoir tranquillement à ses parents d'une part, mais surtout à ses frères et soeurs".

Une séparation jugée précipitée. L'avocate de la jeune fille bosniaque tondue est revenue, ce samedi soir, sur la décision prise par les autorités d'expulser rapidement la famille de la victime. Une mesure qui est survenue samedi matin, soit quelques heures à peine après le prononcé du jugement.

"Je trouve cela dommageable pour cette jeune fille, quoi qu'elle ait vécu, quel que soit le traumatisme, le ressenti qu'elle puisse avoir vis-à-vis de ses parents" estime Me Céline Party sur BFMTV. L'avocate considère "qu'il aurait été préférable pour elle (la jeune fille) qu'elle puisse dire au revoir tranquillement à ses parents d'une part, mais surtout à ses frères et soeurs."

"Ces personnes avaient signé pour un retour volontaire"

La décision pour la famille de quitter le territoire français ne date pas du jugement rendu vendredi. Les parents et leurs enfants faisaient déjà, avant ces faits, l'objet d'une OQTF (obligation de quitter le terrioire français).

"Ces personnes avaient signé pour un retour volontaire qui n'a pu se mettre en place de par le confinement et puis nous avons eu les événements du mois d'août et effectivement ce jugement rendu hier soir", relate l'avocate.

Mi-août dernier, l'une des filles de la famille musulmane, âgée de 17 ans, avait été frappée et tondue par sa famille parce qu'elle fréquentait un jeune Serbe chrétien.

Une affaire pour laquelle les parents ont été condamnés vendredi par le tribunal correctionnel de Besançon à un an d'emprisonnement dont quatre mois avec sursis ainsi qu'à une interdiction de territoire français de cinq ans. Une peine qui a surpris de par son application expresse.

"Pendant toute la durée du procès, pendant les minutes du délibéré et les minutes qui ont suivi le délibéré, personne ne savait que les parents de ma cliente allaient être expulsés dans les heures qui suivaient", confie Me Céline Party.

La famille expulsée quelques heures après le jugement

L'avocate explique avoir décidé, avec l'avocat de la défense, de vouloir faire en sorte que sa cliente puisse dire au revoir "correctement" à ses parents et à ses frères et soeurs. Une rencontre qui se serait tenue en présence de travailleurs sociaux "pour que les choses puissent se faire tranquillement et dans le respect de chacun".

Une initiative restée lettre morte en raison de la décision prise par le préfet de reconduire ce samedi matin la famille à Sarajevo. Décision saluée notamment par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin sur Twitter.

L'oncle et la tante de la jeune fille, également condamnés, bénéficient du statut de réfugié politique et ont décidé d'interjeter appel de cette décision. Le préfet a, de son côté, saisi l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) pour essayer de leur retirer ce statut de réfugié. La jeune fille a, quant à elle, été prise en charge par les services d'aide à l'enfance et obtiendra un titre de séjour à sa majorité.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV