BFMTV

Gérald Darmanin annonce l'expulsion de la famille de la jeune fille bosniaque tondue

La jeune fille musulmane bosniaque avait été tondue par sa famille parce qu'elle fréquentait un jeune Serbe chrétien.

Cinq membres de la famille de la jeune fille bosniaque tondue, ses parents et leurs trois enfants, ont été expulsés ce samedi matin, a annoncé le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin dans un communiqué de presse.

"La famille Zairovith" a été reconduite "à Sarajevo", capitale de la Bosnie-Herzégovine, précise le document. En août dernier, la jeune fille musulmane, âgée de 17 ans, avait été frappée et tondue par sa famille parce qu'elle fréquentait un jeune Serbe chrétien, affaire qui avait provoqué un vif émoi dans le pays.

"Cette expulsion du territoire national fait suite aux comportements inadmissibles de cette famille en août dernier (coups et tonte d'une adolescente amoureuse d'un jeune homme serbe d'une autre confession)", a détaillé le ministre.

Demande d'asile refusée en 2019

Les parents ont été condamnés par le tribunal correctionnel ce vendredi soir par le tribunal correctionnel de Besaçon à un an d'emprisonnement dont quatre mois avec sursis, ainsi qu'à une interdiction de territoire français de cinq ans. Ils ont été interpellés dès la fin de leur procès et acheminés au Centre de rétention administrative de Metz, puis conduits ce samedi matin à Nancy pour rallier Sarajevo, a précisé l'entourage du ministre à l'Agence France-Presse.

La famille, arrivée en France en 2017, avait fait une demande d'asile en 2019, qui a été refusée. La préfecture du Doubs demande alors leur expulsion, rendue impossible par l'épidémie et la fermeture des frontières, a rapporté une source proche du dossier à BFMTV.

Selon l'avocate des parents, Me Catherine Bresson, citée par l'AFP, ses clients avaient "signé les documents pour rentrer dans leur pays bien avant les faits", leur retour ayant été repoussé. "Ils n'avaient pas besoin de Darmanin", a-t-elle insisté.

"Je suis scandalisée", a-t-elle ajouté, précisant qu'elle ignorait la présence de fonctionnaires de la Police de l'air et des frontières au tribunal et ne trouvait "pas normal" que l'expulsion "ait été faite dans le dos de tout le monde, en catimini". L'avocate a toutefois admis que cette expulsion était "légale" et n'avoir "juridiquement aucun moyen de s'y opposer".

L'oncle et la tante bénéficient du statut de réfugiés

L'avocate de la victime, Me Céline Party, a relevé de la même manière que les parents "faisaient l'objet d'une obligation de quitter le territoire français" et "avaient opté pour un départ volontaire qui n'a pu se mettre en place à cause du confinement".

"J'aurais souhaité que les choses ne se fassent pas de cette manière pour que ma cliente puisse dire au revoir à ses frères et soeurs", a-t-elle expliqué à l'AFP.

L'oncle et la tante de la jeune fille, condamnés à la même peine que les parents, bénéficient quant à eux du statut de réfugié. Réagissant à cette affaire en août dernier, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait estimé que ces derniers, arrivés en France en 2016, n'avaient "rien à faire sur le sol national".

"La punir, pour qu'elle ne sorte plus"

"Cette adolescente est prise en charge par l'aide sociale à l'enfance", a ajouté le ministre. La jeune femme obtiendra "un titre de séjour", à sa majorité.

A l'audience, la jeune fille et la famille de son petit ami, présente au moment des faits le 17 août, ont affirmé qu'elle avait été emmenée dans sa chambre, molestée par les quatre adultes et tondue par son oncle.

Les parents, l'oncle et la tante ont reconnu pour leur part une ou deux claques, tout au plus, et soutenu que c'était son père qui l'avait rasée pour "la punir, pour qu'elle ne sorte plus" après une fugue de quatre jours avec le jeune homme, de trois ans son aîné.

Fanny Rocher avec AFP