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Jérôme Kerviel: "Je ne demande pas de grâce présidentielle"

Jérôme Kerviel, ici le 19 mars dernier à Modène, en Italie, s'était déclaré samedi matin "heureux" de retrouver son pays.

Jérôme Kerviel, ici le 19 mars dernier à Modène, en Italie, s'était déclaré samedi matin "heureux" de retrouver son pays. - -

L'ex-trader qui avait entamé vers 14 heures sa marche vers la frontière s'est arrêté à quelques mètres du territoire français. Il a interpellé le président Hollande pour obtenir une "protection" des témoins de l'affaire. Il a aussi décliné l'offre d'examen par l'Elysée d'une éventuelle demande de grâce présidentielle.

Lors d'une conférence de presse, Jérôme Kerviel a indiqué samedi vers 20 heures, qu'il "ne demande pas de grâce présidentielle". "Je suis prêt à effectuer ma peine", a-t-il assuré.

Vers 18 heures, l'Elysée avait indiqué qu'il était prêt à examiner une éventuelle demande de grâce présidentielle. Une éventualité qui est donc écartée par l'intéressé. "Je ne suis pas en train de fuir, je suis juste à côté. J'ai l'intention de revenir en France", a indiqué l'ex-trader. Evoquant une enquête de Mediapart (article payant) qui fait "état de pressions" exercées par la Société Générale sur des témoins, Jerôme Kerviel demande à "François Hollande de leur (les témoins) garantir qu'ils n'ont rien à craindre".

Sous les objectifs des caméras, à quelques mètres de la frontière avec la France, Jérôme Kerviel avait démandé samedi après-midi depuis l'Italie à François Hollande "l'immunité" pour les témoins qui sont "prêts à parler" dans son dossier.

"J'attends sa réponse côté Italien", a déclaré l'ex-trader devant la presse, qui a décidé de ne pas traverser la frontière. "J'ai honte d'avoir participé à ce système", a-t-il ajouté. Un mandat d'arrêt devrait être émis contre lui.

L'Elysée examinera une demande de grâce présidentielle

L'Elysée a fait savoir un peu avant 18 heures que si Jerôme Kerviel "sollicite la grâce présidentielle, sa demande sera examinée selon la procédure habituelle", c'est-à-dire après "une instruction et un avis de la Chancellerie". "Toute autre demande d'aménagement de sa peine doit être présentée à l'autorité judiciaire conformément à la loi", a ajouté la présidence.

Pour l'heure, aucune demande de grâce présidentielle n'a été faîte à ce jour par l'ex-trader.

Interrogé plus tôt, samedi pendant sa conférence de presse sur la sécurité au Nigeria, à propos de l'appel que lui a lancé Jérôme Kerviel, François Hollande s'est pour sa part, refusé à répondre, faute d'avoir "les éléments" et ne jugeant pas "l'occasion propice".

"Je ne vais pas vous répondre à cette question, n'ayant pas les éléments et (ce n'est) pas l'occasion propice", a déclaré le chef de l'Etat pendant la conférence de presse tenue à l'Elysée après le sommet sur le Nigeria.

Kerviel s'arrête à quelques mètres de la frontière

Muni de son sac à dos, l'ex-trader avait entamé vers 14 heures sa dernière marche, depuis Vintimille en Italie jusqu'à Menton. Deux mois après sa condamnation définitive pour des opérations ayant fait perdre 4,9 milliards d'euros à la Société Générale, Jérôme Kerviel doit se présenter à la justice avant dimanche soir pour purger une peine de trois ans de prison ferme.

L'ancien trader a quitté en fin de matinée le petit hôtel de Ventimille où il avait passé la nuit pour assister non loin de là à une messe. Après un long déjeuner avec une douzaine de membres de son comité de soutien, Jérôme Kerviel a entamé peu avant 14 heures sa dernière marche. Accompagné du père Gourrier, l'ex-trader de la Société générale devrait arriver à Menton vers 15h30 après 12 km de marche.

"Non à la dictature de l'économie"

Le père Gourrier, de Poitiers, qui a rencontré Jérôme Kerviel il y a une semaine et a déjà marché trois jours avec lui, s'est une nouvelle fois engagé à terminer la marche de son protégé si celui-ci était incarcéré avant d'arriver à Paris.

Portant un sac à dos avec une citation du pape François - "Non à la dictature de l'économie sans visage et sans but véritablement humain" - et une photo de la rencontre du trader et du pape, le religieux devait marcher samedi au côté de Jérôme Kerviel jusqu'à Menton.

"J'espère qu'il ne sera pas arrêté. Je persiste à penser qu'il marchera avec moi jusqu'au bout. Le parquet peut différer l'exécution de la peine pendant cinq ans", a-t-il dit, ajoutant que Jérôme Kerviel n'était "pas un danger pour l'ordre public".

Jérôme Kerviel qui a entamé sa longue marche le 5 mars après une rencontre décisive avec le pape François à Rome en février, doit passer la ligne d'un ancien poste-frontière désaffecté situé sur le bord de mer de Menton samedi vers 15h00.

La justice lui a intimé de se présenter au commissariat de Menton avant dimanche soir. Mais, samedi, il restait muet sur ses intentions.

C.P.