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"Je me sens traitée comme une criminelle": placées en centre de rétention, trois touristes sud-américaines racontent

Deux touristes colombiennes et une touriste vénézuélienne ont été arrêtées alors qu'elles transitaient à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, puis transférées en centre de rétention à Rouen. Le verdict du juge des libertés et de la détention est clair: rien ne justifiait ce traitement.

Wilma, une Vénézuélienne, Liliana et Jennifer, deux Colombiennes, vivent actuellement une terrible mésaventure. Les trois touristes sud-américaines, qui ne se connaissent pas, sont arrivées en France entre le 22 et le 29 juillet via l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, où elles devaient transiter avant de rejoindre Genève pour la première, et Madrid pour les deux autres.

Alors qu'elles n'avaient donc pas l'intention de rester en France et qu'elles possédaient des billets de retour, elles ont pourtant été arrêtées par la police aux frontières, a rapporté lundi France Bleu Normandie.

Le motif? Selon les forces de l'ordre, Wilma, qui devaient se rendre en Suisse pour visiter son fils hospitalisé, n'avait pas d'attestation d'hébergement. Liliana et Jennifer n'auraient pas eu assez d'argent sur elles et pas de réservation d'hôtel valide, ce qu'elles ont contesté. Après être restées en rétention près de Roissy, les trois femmes ont été transférées le même jour dans un centre près de Rouen, le 8 août dernier.

"Je me sens traitée comme une criminelle"

Les touristes ont récemment livré leurs premiers témoignage sur l'enfer qu'elles ont vécu, alors que le 11 août dernier, le tribunal de Rouen a affirmé que l'affaire relevait d'un "abus de procédure", que leur rétention est irrégulière et que rien ne justifiait le traitement qu'elles ont subi.

"Ils me retiennent depuis 21 jours ici en France. Psychologiquement je suis traumatisée, j'ai été placée en garde à vue puis en détention ici et là. J'ai été libérée, jetée dans la rue sans savoir où j'étais, sans passeport. Je ne connais ni cette langue ni ce pays, je suis totalement perdue", a déploré Wilma au micro de RMC. La France ne m'intéresse pas, je suis venu voir mon fils qui est très malade en Suisse. J'ai tous les documents qui le prouvent, je vous en prie laissez-moi passer. Je me sens traitée comme une criminelle et je ne sais pas pourquoi".

"J'avais l'impression qu'on me considérait comme une immigrante illégale, c'est terrible", a quant à elle déclaré Jennifer au micro de France Bleu Normandie.

Wilma, Liliana et Jennifer ont été prises en charge par les bénévoles de l'association rouennaise Welcome. Elles n'ont toujours pas récupéré leurs passeports et restent sous la menace d'une procédure d'éloignement du territoire, mais leur avocate a demandé un recours au tribunal administratif de Rouen pour qu'elle soit annulée.
Juliette Mitoyen