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INFO BFMTV - Corse: la façade de la gendarmerie de Bastia mitraillée

La façade de la gendarmerie de Bastia a été mitraillée par deux individus à scooter.

La façade de la gendarmerie de Bastia a été mitraillée par deux individus à scooter. - -

La façade de la gendarmerie de Bastia a été mitraillée jeudi matin. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui effectue sa première visite en Corse, annonce "la réaction la plus ferme" de l'Etat face à "cet acte lâche".

La façade de la gendarmerie de Bastia, en Corse, a été mitraillée à l'arme automatique tôt ce jeudi matin, par deux individus à scooter. Le geste n'est pas anodin: il est à mettre en lien avec la présence sur l'île du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui effectue là sa première visite en Corse.

"C'est clairement un message à son attention", explique Dominique Rizet, spécialiste police-justice sur BFMTV. "Les nationalistes ont probablement voulu lui dire que le FNLC est toujours là". Les tirs, qui n'ont pas fait de victime, ont été commis vers 4h30 sur le mur de la caserne de Montesoro. Une quinzaine d'impacts ont été relevés par les enquêteurs.

Arrivé à Ajaccio, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a fermement condamné le mitraillage de la gendarmerie de Bastia. Il a annoncé "la réaction la plus ferme" de l'Etat face à "cet acte lâche" dont les auteurs, a-t-il précisé, seront "arrêtés". Il a aussi apporté son "plein et entier soutien" aux gendarmes et policiers avant de s'entretenir avec leurs chefs à la préfecture de région à Ajaccio.

Guerre des polices

Le mitraillage de la gendarmerie de Bastia intervient dans un contexte particulier: "Au cours des dernières semaines, de jeunes nationalistes qui manifestaient ont été interpellés, et un "ancien" a été incarcéré, sur demande d'un juge antiterroriste", rappelle Dominique Rizet.

Mais en filigrane, une autre situation apparaît également: celle d'une rivalité entre les différents services de police, alors même que le ministre a dirigé jeudi matin une réunion des chefs des forces de sécurité de l'île, et a tenu un discours sur "le rapprochement police-gendarmerie".

En décembre dernier, les façades des gendarmeries d'Ajaccio et de Bastia avaient déjà été visées par des tirs de roquette. Sur place, les enquêteurs avaient retrouvé un scooter, portant les traces ADN d'un nationaliste, déjà fiché.

"Trois services ont enquêté sur ce double-attentat: la gendarmerie, la sous-direction antiterroriste, et la police judiciaire", raconte Dominique Rizet. "Des tensions très vives ont alors éclaté lorsque les gendarmes ont découvert que ce nationaliste était un "indic" de la PJ d'Ajaccio, qui a usé de son influence pour masquer son identité aux deux autres services de police."

A. G.