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Incendie à Rouen: après les hommages, l'enquête

Au lendemain du drame de Rouen, en Seine-Maritime, l’enquête se poursuit. Il s’agit de savoir comment des bougies d’anniversaire ont-elles pu embraser aussi rapidement le sous-sol d’un bar et prendre au piège une vingtaine de personnes.

A Rouen, les hommages se multiplient deux jours après l’incendie d’un bar qui a coûté la vie à 13 personnes. Le petit bar populaire, "Au Cuba libre" est maintenant entouré de grilles métalliques et fermé par des panneaux de bois.

Sur les grilles, des dizaines de bouquets se mélangent aux bougies et messages déposés pour les victimes.

"Vous allez me manquer les copines. Reposez en paix", dit l'un d'eux, "Des anges de plus au ciel", proclame un autre.

Dans la cathédrale de Rouen, celle qui accueillait il y a seulement 5 jours les obsèques du père Jacques Hamel, égorgé dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray, 13 bougies ont été placées sur l'autel, dans la nef, et des prières ont été dédiées aux victimes à l'occasion de la messe dominicale, selon le diocèse.

Enquête pour homicide involontaire ? 

Les enquêteurs sont maintenant à pied d’oeuvre pour répondre à une question: comment des bougies d’anniversaire ont-elles pu embraser si rapidement le sous-sol du bar? Et prendre au piège une vingtaine de personnes.

Un expert en incendie s’est rendu sur les lieux ce samedi et doit remettre son rapport écrit la semaine prochaine. Un élément d'une importance capitale pour la suite de la procédure.

"Il y a des questions qui se posent sur les matériaux garnissant la salle et les conséquences de leur exposition au feu", pointe le vice-procureur. Selon les habitués du bar, il y avait une porte de secours dans le sous-sol. "Il est possible qu'il y en ait une mais je ne l'ai pas vue quand je me suis rendu sur les lieux, tout était recouvert de suie", reconnaît le vice-procureur.

Le rapport de l'expert et le résultat des différents interrogatoires par les enquêteurs des témoins - certains, trop choqués n'ont pu encore être entendus - est susceptible de changer la nature de l'enquête. Il est possible que "l'on bascule sur une enquête pour homicide involontaire par imprudence avec saisie d'un juge d'instruction, mais ce n'est pas l'état juridique de l'enquête qui est menée pour l'instant", indique le vice-procureur de Rouen, Laurent Labadie.

Ce vendredi 5 août, le "Cuba libre" est privatisé pour une soirée d’anniversaire. Les invités sont réunis dans le sous-sol de l’établissement lorsque l’un d’eux, aux alentours de minuit, apporte un gâteau d’anniversaire sur lequel sont allumées des bougies.

L’escalier pour mener au sous-sol est étroit et raide, la personne chute et les projections de bougies enflamment le plafond bas du sous-sol. Ce dernier est isolé par une matière censée insonoriser la pièce aurait provoqué un dégagement de gaz toxiques détaille le journal Paris Normandie.

L'identification des victimes terminée

Ce dimanche, indique le vice-procureur de Rouen, Laurent Labadie, l’identification des victimes est achevée et des autopsies vont se dérouler sur au moins quatre jours la semaine prochaine. Des médecins légistes ont dû interrompre leurs vacances.

En tout, 13 personnes ont perdu la vie, huit ont entre 18 et 25 ans, les autres sont un peu plus âgés. Le plus âgé est un homme de 41 ans, selon le vice-procureur. Une blessée, gravement brûlée, est toujours entre la vie et la mort à l’hôpital Saint-Louis à Paris.

Un septième blessé a été recensé ce dimanche, brûlé aux mains. Il s’agit d’un DJ venu pour animer l’anniversaire d’une ex-policière. Six autres blessés, plus légèrement atteints, sont sortis du CHU de Rouen.

M.H, avec l'AFP