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Incendie à Rouen: le bar respectait-il les normes de sécurité?

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'incendie mortel qui coûté la vie à 13 personnes et blessé 6 autres a été causé par les bougies d'un gâteau d'anniversaire. La question des matériaux présents dans le bar se pose.

Le bar Au Cuba Libre respectait-il les normes réglementaires de sécurité? C'est à cette question que les policiers de la sûreté départementale de Seine-Maritime vont s'attacher lors de leurs investigations, dans le cadre d'une enquête ouverte pour "recherche des causes de la mort", après la mort de 13 personnes dans la nuit de vendredi à samedi lors d'un incendie. Tous âgés entre 16 et 25 ans, ils sont morts asphyxiés.

Dans l'après-midi de samedi, le vice-procureur de Rouen a expliqué que ce drame, le pire jamais connu en France depuis 2005, était le fait d'un accident. "Quelqu'un est descendu avec un gâteau d'anniversaire avec des bougies et a chuté dans l'escalier", détaille-t-il. Laurent Labadie a précisé que cet incident a entraîné "des projections de bougies sur les murs et sur le plafond". "Il y a eu une inflammation immédiate et une propagation de gaz" vraisemblablement mortels.

Les matériaux de revêtement en cause?

Comment expliquer un embrasement aussi rapide? "Ce n’est pas tant les bougies sur un gâteau qui pose problème, c’est l’environnement, analyse pour BFMTV Philippe Schultz, expert en sécurité incendie. Des bougies et un gâteau ne doivent pas être susceptibles d’enflammer un environnement dans un tel lieu." Le spécialiste, en attendant les résultats de l'enquête judiciaire, penche alors pour une dangerosité des matériaux.

"Inévitablement, si l’incendie s’est propagé rapidement, c’est que certains de ces matériaux n’avaient peut-être pas tous les critères requis", enchérit Pascal Belhache, expert judiciaire en incendies. En France, la réglementation des normes de sécurité des établissements recevant du public diffère selon leur taille. Mais quelque soit la capacité d'accueil les matériaux de revêtement du sol, des murs et du plafond doivent avoir certaines "qualités" poursuit l'expert.

Un établissement qui reçoit peu de monde

L'établissement Au Cuba Libre appartenait à la catégorie 5, selon France 2. Il ne pouvait donc pas accueillir plus de 100 personnes au sous-sol, 200 au rez-de-chaussée. Disposait-il également du nombre d'extincteur suffisant, le propriétaire avait-il signalé les éventuelles modifications ou ajout de matériel? Les débits de boisson de la taille de celui de Rouen doivent par exemple être dotés "d'au moins un extincteur portatif", leurs "dégagements (portes, couloirs, circulations, escaliers, rampes) doivent permettre l'évacuation rapide et sûre de l'établissement", précise à l'AFP la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises.

Pour faire respecter cette réglementation, des commissions de contrôle, sous l'égide des préfectures, sont mises en place, avec des visites de sécurité à l'issue desquelles sont émis des avis favorables ou défavorables à la poursuite de l'exploitation. "Malheureusement il y a toujours des gens qui tentent de contourner la réglementation entre deux visites de sécurité - parfois programmées, parfois inopinées", commente-t-on à la DGSCGC.

L'organisme qui explique qu'un établissement pouvant recevoir que peu de public à peu de risques d'être contrôlé à nouveau s'il respectait les règles la première fois. "C’est un établissement qui n’est pas contrôlé puisqu’il reçoit peu de monde et que normalement quand il y a peu de monde un établissement de ce genre devrait pouvoir être évacué rapidement, regrette Yvon Robert, le maire de Rouen. Il semble qu'ils n’ont pas mesuré que le gâteau et les bougies pouvaient provoquer l’incendie mais aussi des gaz qui contribuent à asphyxier."

J.C.