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Incendie à Notre-Dame de Paris: de nombreux trésors menacés par les flammes

Des trésors ont pu être sauvés.

Des trésors ont pu être sauvés. - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Un incendie ravageait lundi soir la cathédrale Notre-Dame de Paris. L'édifice, un des monuments emblématiques de la capitale, abrite des trésors d'une valeur inestimable.

Monument historique, connu à travers le monde, la cathédrale Notre-Dame de Paris a été ravagée lundi soir par un incendie qui n'était toujours pas maîtrisé en fin de soirée. 400 pompiers étaient mobilisés pour tenter de sauver l'édifice dont la structure d'ensemble et les deux tours vont pouvoir être sauvées, d'après les pompiers de Paris. 

L'organisation des Nations-Unies pour la culture, l'Unesco, se tient aux "côtés de la France pour sauvegarder et réhabiliter ce patrimoine inestimable", a tweeté sa directrice Générale Audrey Azoulay.

L'édifice renferme des reliques vénérées par les catholiques, un orgue aux dimensions remarquables et de nombreuses oeuvres d'art. Pillée et saccagée pendant la Révolution française puis lors d'émeutes en 1831, ce joyau du gothique a perdu un partie de ses chefs d'oeuvres. Son trésor liturgique, qui comptait parmi les plus riches de France avant de disparaître en 1789, a été progressivement reconstitué.

La charpente, surnommée "la forêt"

Inscrite au patrimoine mondial de l'humanité depuis 1991, la cathédrale gothique bâtie sur l'île de la Cité en plein cœur de Paris, abrite des trésors d'une valeur inestimable.

"Il y a des merveilles car vous avez la salle du trésor, les célèbres orgues de Cavaillé-Coll. La rosace qui est un vitrail extraordinaire", a rappelé sur notre antenne Odon Vallet, historien des religions.

Surnommée "la forêt" en raison du très grand nombre d'arbres qui ont été utilisés pour la bâtir, la charpente de la cathédrale, qui datait du XIIIe siècle, étaient l'une des plus anciennes à Paris. D'une centaine de mètres de long et de 13 mètres de large, ce chef d'œuvre architecturale est littéralement parti en fumée, comme la flèche de la cathédrale, qui s'est effondrée. Par chance, 16 sculptures en cuivre installées autour de cette flèche avaient été enlevées quelques jours plus tôt dans le cadre des travaux de rénovation en cours.

Le trésor de la cathédrale sauvé

La cathédrale abrite également des reliques sacrées. Ce qu'on appelle "le trésor de la cathédrale" comprend notamment la Sainte Couronne d'épines, un morceau de la Croix et un Clou de la Passion. La couronne d'épine est, selon la croyance des catholiques, celle que les soldats romains auraient posé sur la tête de Jésus pour se moquer de lui peu avant sa crucifixion. Le trésor comporte également un certain nombre d'objets liturgiques, de manuscrits rares ainsi que des œuvres d'orfèvrerie.

"On a sauvé la couronne d'épine, la tunique de Saint-Louis, des reliques. Le trésor n'est pas atteint", a rassuré sur notre antenne Monseigneur Chauvet, le recteur de Notre-Dame-de-Paris, visiblement touché. "Ils (les pompiers) ont essayé de sauver quelques tableaux, mais sauver les grand tableaux ce n'est pas possible", a-t-il regretté.

Par ailleurs, trois reliques étaient nichés dans le coq surmontant la flèche qui s'est effondrée lundi soir : une parcelle de la Sainte Couronne d'épines, une relique de saint Denis et une de sainte Geneviève

Les rosaces

Les trois rosaces, vitraux qui représentent les fleurs du paradis, ont été construites au XIIIe siècle, puis rénovées à plusieurs reprises. Les rosaces nord et sud, les deux plus grandes, font 13 mètres de diamètre. Y sont représentés, dans des médaillons, des prophètes, des saints, des anges, des rois, des scènes de la vie de saints, etc. Les trois rosaces présentent respectivement en leur centre la Vierge, l'Enfant-Jésus et le Christ en majesté.

16 statues de cuivre enlevées pour restauration

Dans le sanctuaire, adossées au pilier sud-est du transept, une Vierge à l'Enfant, sculptée au milieu du XIVe siècle, est la plus connue des 37 représentations de la Vierge que compte la cathédrale. Derrière l'autel, se trouve la statue monumentale du sculpteur Nicolas Coustou, une Pieta commandée par Louis XIV selon le voeu de son père Louis XIII. Réalisée entre 1712 et 1728, la statue de la Vierge éplorée, recueillant sur ses genoux le corps du Christ descendu de la croix.

Jeudi dernier, 16 statues de cuivre représentant les 12 apôtres et les quatre évangélistes avaient été décrochées de la flèche de la cathédrale pour être restaurées et ont ainsi échappé au sinistre.

Les grands Mays 

Entre 1630 et 1707, la corporation des orfèvres parisiens offrait chaque 1er mai une toile à la cathédrale. Sur ces 76 "grands Mays", 13 sont aujourd'hui présentés dans les différentes chapelles de la nef. Sur le mur ouest de la Chapelle Saint-Guillaume est accroché l'un des plus beaux tableaux de la cathédrale, La Visitation de Jean Jouvenet (1716) chef d'oeuvre du XVIIIe siècle, et vestige du choeur baroque de la cathédrale.

L'orgue probablement abîmé

La maire de Paris a salué lundi soir la "chaîne de solidarité" entre l'église, le ministère de la Culture et la ville de Paris qui a permis de préserver les œuvres. "Nous avons mis en place les moyens pour récupérer les œuvres et les objets du culte qui ont pu être sauvées pour les mettre à l'abri", a déclaré Anne Hidalgo.

Sur Twitter, le ministre de la Culture, Franck Riester a posté deux photos de l'évacuation de ces œuvres d'art.

Enfin, des inquiétudes existent concernant le grand orgue de Cavaillé-Coll. Il est sans doute l'un des orgues les plus célèbres du monde. Construit en 1868 par Aristide Cavaillé-Coll, il comprenait à l'époque 86 jeux répartis sur 5 claviers de 56 notes et un pédalier de 30 notes. Il a depuis subi différentes rénovations et reste une pièce à part avec ses 8000 tuyaux.

"Il y a fort à craindre que l’orgue soit fortement endommagé de même que les vitraux. Il faudra tous les talents réunis des compagnons" pour reconstruire la cathédrale", a indiqué au journal La Croix Bertrand de Feydeau, vice-président de la Fondation du patrimoine.

Benjamin Rieth