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Ils témoignent à visage découvert des viols qu'ils ont subis enfants

Elsa a témoigné à visage découvert et interpellé son violeur

Elsa a témoigné à visage découvert et interpellé son violeur - Youtube

Victimes de violences sexuelles lorsqu'ils étaient mineurs, Elsa et Edouard témoignent pour la première fois à visage découvert. Ils estiment que la honte doit changer de camp.

Ils témoignent à visage découvert des abus dont ils ont été victimes dans leur enfance. Elsa et Edouard ont raconté à Paris Match les violences sexuelles qu'ils ont ont subies et interpellent leur violeur. Rencontrés à l'occasion des quatrièmes Assises nationales sur les violences sexuelles qui se sont déroulées à l'Assemblée, tous deux estiment que la parole les a libérés.

Elle ne peut pas porter plainte

"Elsa, 42 ans, a été violée de 8 à 12 ans par son kinésithérapeute. Pour la première fois, elle parle à visage découvert", annonce la vidéo. La quadragénaire, aujourd'hui infirmière et mère de famille, raconte son long parcours douloureux et son impossibilité à porter plainte en raison du délai de prescription. 

Comme le rappelle le site Service-public, la victime d'infractions sexuelles sur mineur "peut porter plainte jusqu'à ses 38 ans dans les cas les plus graves notamment s'il s'agit de viol, d'attouchements sexuels commis lorsqu'elle avait moins de 15 ans, ou d'attouchements commis par un ascendant, une personne ayant autorité, ou par plusieurs personnes". Jeudi, l'Assemblée nationale a rejeté la proposition de loi sur l'allongement des délais de prescription.

"C'est quelque chose que j'ai gardé enfoui en moi"

Petite fille, Elsa faisait beaucoup d'équitation. Ses nombreuses chutes ont poussé ses parents à l'emmener consulter un kinésithérapeute, avec qui son père avait sympathisé. "Ils me déposaient devant son cabinet et ils venaient me rechercher à la fin de la séance, puisqu'ils le connaissaient donc ils avaient confiance."

Longtemps, Elsa a été incapable de comprendre ce qu'il s'était passé durant ses séances. "Je ne pouvais pas mettre de mots dessus puisque j'étais en confiance avec cette personne qui était censée me soigner. (...) C'est quelque chose que j'ai gardé enfoui en moi et qui m'a rongé progressivement jusqu'à mes 38 ans." 

Des conséquences traumatiques

Dans la vidéo, elle évoque également les conséquences psychologiques et traumatiques des années après ces viols. "Au bout d'un moment j'ai dû m'arrêter de travailler pendant trois ans, j'avais des problèmes de santé autour de la sphère gynéco très développés, une instabilité professionnelle, une instabilité affective, des conduites à risque."

En 2016, 8.184 viols sur mineur ont été signalés, en progression de 10% par rapport à l'année précédente, selon ces statistiques enregistrées par la police et la gendarmerie. Ce qui conduit à faire état de quasiment un viol par heure.

"Ce n'est pas à moi de me sentir coupable"

Paris Match donne également la parole à Edouard, un jeune homme qui a été abusé sexuellement par un membre mineur de sa famille entre les âges de 5 et 9 ans. Le trentenaire a quant à lui pu porter plainte. Il explique que cela lui a permis de "ne plus jamais douter de ce qu'on lui a fait". Et assure que ce n'est pas à la victime d'avoir honte.

"C'est pour ça que je parle à visage découvert. Ce n'est plus à moi d'avoir honte. Ce n'est pas à moi de me sentir coupable, c'e nest pas à moi de me sentir mal. Ce n'est pas à moi de me cacher."
Céline Hussonnois-Alaya