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Grève des avocats: le procès en appel des époux Balkany reporté

Prévu à partir de ce lundi, le procès en appel des époux Balkany pour blanchiment de fraude fiscale est reporté à mardi.

Le procès en appel des époux Balkany qui devait débuter ce lundi à Paris a été reporté à mardi en raison de la grève des avocats contre la réforme des retraites. La présidente de la cour d'appel Sophie Clément a "suspendu les débats jusqu'à mardi", immédiatement après l'ouverture du procès en appel des édiles.

Patrick Balkany absent

L'ancien bâtonnier Pierre-Olivier Sur a demandé cette suspension au nom de tous les avocats de la défense, pour pouvoir "aller manifester" contre un projet de réforme qui va "multiplier par deux les cotisations au régime général" et "mettre en danger financièrement plus d'un tiers des avocats" de France.

"La justice n'a pas fait preuve de justesse", a déclaré Isabelle Balkany après l'annonce de ce report. "Mon ultime combat c'est de sauver mon mari car il est en danger", a-t-elle ajouté. 

A la fin du mois de janvier, la cour d'appel a refusé pour la troisième fois la mise en liberté de Patrick Balkany, mettant en avant un "risque persistant de fuite". Isabelle Balkany avait accusé "la justice de vouloir tuer (son) époux", qui a perdu plus de 24 kg en quatre mois.

Évoquant son "épuisement physique et psychologique" dans une lettre lue à l'audience, Patrick Balkany a expliqué qu'il était "incapable d'assister aux débats" et serait représenté par son avocat, comme il en a le droit.

Lourdes condamnations

Patrick et Isabelle Balkany devaient être jugés en appel à Paris à partir de ce lundi pour blanchiment de fraude fiscale. Le 18 octobre dernier, fustigeant un "indéniable enracinement dans la délinquance", le tribunal correctionnel les avait lourdement condamné pour avoir caché 13 millions d'euros d'avoirs au fisc entre 2007 et 2014, notamment deux somptueuses villas, Pamplemousse aux Antilles et Dar Guycy à Marrakech.

Le parquet a fait savoir qu'il ne poursuivrait pas Patrick Balkany pour "corruption" - le tribunal ayant relaxé tous les prévenus de ce délit en première instance - mais cette fois pour "prise illégale d'intérêts", en plus des poursuites pour blanchiment aggravé.

En première instance, le maire de Levallois s'était vu infliger une peine de quatre ans de prison pour fraude fiscale le 13 septembre et un mois plus tard, cinq ans de prison pour blanchiment aggravé. Son épouse a été condamnée à trois ans pour fraude et quatre ans de sursis pour blanchiment

Benjamin Rieth