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Gilets jaunes: "Le mouvement ne peut pas s'arrêter du jour au lendemain" pour le nouveau préfet de police de Paris 

Didier Lallement, le préfet de police de Paris.

Didier Lallement, le préfet de police de Paris. - Capture

Les sénateurs ont questionné ce mercredi après-midi le nouveau préfet de police de Paris, Didier Lallement, dans le cadre de ses auditions sur les violences qui se sont produites le 16 mars sur les Champs-Elysées en marge du rassemblement gilets jaunes.

Les sénateurs cherchent à comprendre quel dispositif a été mis en place le 16 mars dernier à Paris pour assurer le maintien de l'ordre lors de la manifestation des gilets jaunes, et comment les dysfonctionnements que l'on connait ont pu se produire. Mais aussi aborder les aménagements apportés depuis. Pendant 1h30, Didier Lallement, nouveau préfet de police de Paris, est revenu sur sa nomination au lendemain des violences qui se sont produites sur les Champs-Elysées.

A son arrivée, il a constaté "le dépit de l'ensemble des fonctionnaires et des militaires de la préfecture de police de ce qu'il s'est passé le 16 mars" et rappelé l'investissement des ces fonctionnaires. "Ils ont bien conscience que ce qu'il s'est passé a été non seulement un échec (...) dans la manoeuvre qu'ils avaient pour charge de construire", a poursuivi le préfet assurant qu'il existait dans la maison parisienne une "très forte mobilisation" pour que les scènes de chaos ne se reproduisent pas.

"Dispositif à flux tendu"

Didier Lallement estime que le mouvement des gilets jaunes "ne va pas s'arrêter du jour au lendemain" et que de nouveaux "pics de mobilisation" sont à attendre. Le préfet regrette le retard, voire l'absence, de déclaration de manifestation, ne permettant pas une bonne préparation pour les forces de l'ordre. Il déplore également la modification des parcours qui pousse à organiser "des dispositifs à flux très tendu" chaque samedi pour sécuriser ces manifestations.

Afin de préparer au mieux ce dispositif, "et je vous parle des manifestations déclarées", Didier Lallement a repris une vieille formule mise en place par son prédécesseur, Michel Delpuech. Chaque vendredi après-midi, il reçoit la maire de Paris et les maires d'arrondissements pour leur communiquer les informations du parcours. Les acteurs économiques, les associations de commerçants, les représentants de la grande distribution, pour les informer.

Clarifier les choses

Dans la droite lignée des annonces faites par le gouvernement, le préfet de police a détaillé l'ensemble des aménagements: commandement unifié, plus d’autonomie sur le terrain , les nouveaux DAR, les détachements d'action rapide. "Cette feuille de route est extrêmement claire", a-t-il rappelé, défendant ces ajustements.

"Pourquoi une chaîne de commandement unifiée? Le dispositif préfecture de police repose sur deux grandes directions qui sont la DOPC, l'ordre public, et la DSPAP, la sécurité publique. (...) Un fonctionnaire de la DSPAP qui concourent à des contrôles préalables n'est pas dans une mission d'ordre public, mais quand ce fonctionnaire, quand les choses montent en intensité, bascule dans des missions d'ordre public, il est évident que la nature de sa mission changeait et qu'il convenait de clarifier la chaîne de commandement."

La règle est désormais simple: "dès lors qu'un fonctionnaire bascule sur la mission de maintien de l'ordre, il passe dans la chaîne DOPC pour que les choses soient claires."

Justine Chevalier