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Gilets jaunes: 24 plaintes déposées par des journalistes contre les forces de l'ordre

La blessure d'un journaliste par des forces de l'ordre en marge d'une mobilisation des gilets jaunes

La blessure d'un journaliste par des forces de l'ordre en marge d'une mobilisation des gilets jaunes - BFMTV

Depuis le début de la mobilisation des gilets jaunes, 24 plaintes ont été déposées par des journalistes à l'encontre des forces de l'ordre. Des plaintes pour confiscation de matériel ou de casque de protection, mais aussi pour violences volontaires.

Depuis le début de la mobilisation des gilets jaunes, 24 journalistes ont déposé plainte à l'encontre de forces de l'ordre, selon nos informations. L'avocat Jérémie Assous, qui se charge actuellement de réunir les différentes plaintes de ce type, estime d'ailleurs que d'autres seront bientôt déposées.

Leur travail "gêné, empêché, entravé"

Dans une lettre adressée au ministre de l'Intérieur, au préfet de police de Paris ainsi qu'au Procureur de la République, Me Assous justifie ces plaintes. Il y explique que le travail des journalistes et photographes "qui participe des fondements de l'Etat de droit" a été "gêné, empêché, entravé par ceux là même qui ont pour seule mission le maintien de l'ordre public".

Les accusations portent entre autres sur de la confiscation de matériel, y compris de matériel de protection comme des casques, mais aussi sur des soupçons de violences volontaires avec arme de la part de personnes dépositaires de l'autorité publique.

L'avocat reproche aux autorités d'avoir donné pour consigne de "ne pas distinguer manifestants et journalistes". Une comportement mettant "gravement en danger la vie des journalistes", considérés comme "des suspects".

Des exemples de violences photos à l'appui

Il cite en exemple plusieurs faits et journalistes victimes de ces violences ou confiscation de matériel, photos à l'appui. Parmi eux, une femme s'est vue contrainte de remettre son casque et ses masques de protection à des policiers aux abords du Louvre. Un autre pourtant porteur d'un brassard indiquant sa fonction a été menacé et frappé à coups de matraque par un CRS, développe-t-il.

Lors des différentes journées de mobilisation des gilets jaunes, plusieurs journalistes ont été blessés, dont certains par des tirs de flash-ball. L'un d'entre eux a été touché à l'oeil et n'a pu en conserver l'usage que parce qu'il portait justement un casque.

L'Intérieur appelle à les journalistes concernés à porter plainte

C'est pourquoi Me Jérémy Assous demande aux destinataires de la lettre "d'user de leur pouvoir", pour faire cesser ces pratiques et "garantir la sécurité des personnes qui oeuvrent pour la liberté de la presse".

Interpellé par des syndicats de journalistes dénonçant des "dérapages inadmissibles" des forces de l'ordre à leur encontre, Christophe Castaner avait appelé mardi les membres de la profession victimes de violences policières à porter plainte.

C.V. avec Cécile Ollivier