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Gilets jaunes: 212 enquêtes confiées à l'IGPN, 2 policiers renvoyés devant un tribunal

212 enquêtes ont été confiées par le parquet de Paris à l'Inspection générale de la police nationale pour des violences policières présumées dans le cadre du mouvement des gilets jaunes. 146 sont d'ors et déjà clôturées et deux policiers seront jugés pour "violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique".

Les premières sanctions pourront tomber dans quelques semaines. Deux policiers seront jugés par le tribunal correctionnel de Paris pour "violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une incapacité inférieure à 8 jours", pour l'un, et "supérieure à 8 jours", indique ce jeudi le parquet de Paris. Les deux procédures portent sur des faits qui se sont produits en marge de la manifestation du 1er-Mai dernier dans la capitale.

Le premier policier comparaîtra pour un jet de pavé, le second pour des gifles portées au visage d'un manifestant. Ils encourent jusqu'à trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende. Le premier a été filmé par un vidéaste indépendant ramassant un pavé boulevard de l'Hôpital dans le 13e arrondissement et le lançant en direction des manifestants. Le second a été filmé boulevard du Montparnasse d'abord dans un face-à-face avec des manifestants rassemblés devant un commerce puis assénant plusieurs gifle à l'un d'eux. 

18 informations judiciaires

Au total, le parquet de Paris a confié 212 enquêtes à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour des faits présumés de violences policières. Aujourd'hui, pour 146 de ces saisies, les investigations de la "police des polices" sont terminées et les enquêtes ont été transmises au parquet de Paris qui a autorité pour donner une suite à ces enquêtes. 

Outre les deux renvois de policiers devant le tribunal correctionnel, 18 procédures ont nécessité l'ouverture d'une information judiciaire, c'est-à-dire la saisie d'un juge d'instruction. Il s'agit des enquêtes plus complexes qui nécessitent des investigations plus poussées et des actes d'enquêtes plus larges. 

54 classements sans suite

Par ailleurs, 54 procédures ont fait l'objet d'un classement sans suite. Près des deux tiers n'ont pas été suivies d'effets car l'infraction n'a pas été suffisamment caractérisée. En juin dernier, Brigitte Jullien, la directrice de l'IGPN expliquait la complexité de son service pour certaines enquêtes notamment en raison des dépôts de plainte parfois tardifs ou de la difficulté de retrouver des images de la scène, ou déterminer qui est l'origine des faits reprochés.

72 dossiers d'enquête restent toutefois en cours d'analyse. Au niveau national, 409 plaintes ont été déposées pour des violences policières présumées illégitimes lors de manifestations des "gilets jaunes". 313 ont entraîné des enquêtes judiciaires confiées à l'IGPN. Deux tiers ont été transmises et sont en cours d'analyse par les différents parquets compétents.

Côté gilets jaunes, il y a eu 10.850 personnes placées en garde à vue entre novembre 2018 et juin 2019. Selon nos informations, une procédure sur cinq, c'est-à dire 2.195, a été classée sans suite.

Justine Chevalier