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La patronne de l'IGPN réfute "totalement" le terme de violences policières

Brigitte Jullien, la directrice de l'IGPN.

Brigitte Jullien, la directrice de l'IGPN. - AFP

265 enquêtes judiciaires ont été ouvertes et confiées à l'IGPN après des signalements pour contester l'usage de la violence par les forces de l'ordre dans le cadre du mouvement des gilets jaunes. Plus de 40% sont closes et transmises aux autorités judiciaires. "A ce jour", aucune faute d'un fonctionnaire n'a pu être révélée.

"L'année n'a pas commencé au 17 novembre", mais en 2018 l'activité de l'Inspection générale de la police nationale a été "largement impactée par l'actualité des gilets jaunes". La directrice de l'IGPN a livré le bilan de son service pour l'an passé, qui, rien que pour la période du 17 novembre au 31 décembre, a été saisi au niveau national de 265 enquêtes pour des dossiers de blessures commises lors des manifestations.

40% des enquêtes closes

Au total, sur cette période, 579 signalements pour contester l'usage de la violence par les forces de l'ordre ont été réalisés sur la plateforme en ligne. De ces signalements ont découlé 265 plaintes entraînant l'ouverture d'une enquête par le parquet compétent qui ont saisi l'IGPN. 113 concernent des dossiers de blessés avec 8 jours d'ITT, incapacité totale de travail. A ce jour, sur la totalité des enquêtes, 105 dossiers sont clos et ont été transmis aux autorités judiciaires, soit un peu plus de 40%. Si l'institution n'est pas informée de la suite donnée à ces dossiers, elle précise que 8 informations judiciaires ont été ouvertes.

Face aux dénonciations d'une justice à double vitesse entre des gilets jaunes jugés en comparution immédiate au lendemain des faits présumés et des policiers pas immédiatement poursuivis. Brigitte Jullien, la directrice de l'IGPN, a répondu par la pédagogie rappelant qu'à certaines périodes ces derniers mois, la centaine d'enquêteurs s'est entièrement consacrée à ces dossiers gilets jaunes afin de déterminer si l'usage de la force est légitime ou illégitime. Des investigations compliquées et longues à mener. 

"Il y a des enquêtes dans lesquelles on ne sait même pas par quoi a été causé la blessure", insiste Brigitte Jullien.

Des centaines d'heures de travail

"Les enquêtes sont forcément plus longues", estime la patronne de la "police des polices", qui pointe comme premières difficultés des dépôts de plainte parfois tardifs par les victimes présumées. Le travail des enquêteurs de l'IGPN va alors être de retrouver les vidéos du moment et des lieux, des lieux parfois mal décrits par des manifestants connaissant mal Paris. Les images de vidéoprotection de la préfecture de police étant conservées 30 jours, les recherches d'images se passent davantage sur les réseaux sociaux. S'en suivent également des dizaines d'auditions pour savoir quels effectifs étaient déployés lors des faits, puis des reconstitutions pour confirmer ou infirmer les accusations.

"Ce sont des centaines d'heures de travail pour identifier le policier responsable de l'action", confirme Brigitte Jullien.

La directrice de l'IGPN a tenu à faire une mise au point en "réfutant totalement le terme de violences policières", notamment après les polémiques sur l'utilisation des LBD et grenades de désencerclement qui a nettement augmenté en 2018. "Tout usage de la force est violent, rappelle-t-elle. Les policiers ont la loi pour eux, il faut déterminer si cet usage est légitime ou illégitime". Un travail fait en totale indépendance, assure-t-elle, reconnaissant qu'une réflexion "globale" devra avoir lieu sur l'usage des armes intermédiaires. "Ce n'est pas le moment, on est encore dans un moment de manifestations, mais on n'y échappera pas."

Justine Chevalier