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Georges Tron condamné pour viols et agressions sexuelles: "une décision historique" pour l'avocat d'une des plaignantes

La cour d'assises de Paris a condamné mercredi en appel l'ex-secrétaire d'État Georges Tron à cinq ans de prison, dont trois ferme, pour viols et agressions sexuelles en réunion.

La cour d’assises de Paris a condamné mercredi l’ex-secrétaire d’État Georges Tron à 5 ans de prison dont 2 avec sursis en appel pour viols et agressions sexuelles sur une collaboratrice de sa mairie de Draveil (Essonne) en 2009-2010. Il avait été acquitté en première instance en 2018.

À la sortie de la salle d'audience ce mercredi soir, l'avocate de la victime, Me Laure Heinich, a fait part d'"un immense soulagement" à l'annonce de ce verdict, même si elle affirme toutefois que "Virginie Ettel n'était pas venue avec une idée de revanche" et qu'"elle ne cherchait pas à obtenir quelque chose".

"Elle ne demandait pas à ce qu'il soit incarcéré, elle demandait à être entendue, elle est venue réitérer des faits qu'elle disait depuis des années", a-t-elle poursuivi. Elle voulait "qu'on entende sa parole qui était corroborée par des témoignages qu'on n'avait pas entendu à la première cour d'assises, pour des raisons qu'on n'a pas compris, parce que je crois que cette condamnation était criante".

"Un message d'espoir"

Me Vincent Ollivier, autre avocat de Virginie Ettel, s'est lui aussi réjoui de ce verdict devant la presse. "C'est un message de soulagement pour ma cliente et d'espoir pour d'autres femmes qui sont dans cette situation", a-t-il déclaré.

"Lorsqu'elle a annoncé sa décision de porter plainte, on lui avait conseillé de renoncer car c'était le combat du pot de terre contre le pot de fer. Et ce soir, pas seulement pour ma cliente mais pour énormément de femmes dans ce pays, ça montre que le pot de terre peut commencer à s'armer pour lutter contre le pot de fer".

Me Loïc Guérin, l'avocat d'Eva Loubrieu, la deuxième plaignante, a quant à lui estimé que cette décision de justice avait "un caractère historique en droit et dans la société française". Selon lui, cette décision "dit que le viol ne se résume pas à un inconnu qui viole une femme dans un coin de parking mais que la contrainte peut également être exercée par cette contrainte d'un supérieur hiérarchique, d'un puissant sur une petite à qui on demande des faveurs sexuelles qu'elle n'aurait pas autrement accordées".

Georges Tron, qui va donc devoir quitter ses fonctions à la mairie de Draveil dans l'Essonne, a en revanche été acquitté des faits qui concernent Eva Loubrieu.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV