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Gap: des tags islamophobes sur une salle de prière musulmane

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Photo d'illustration - Christophe Simon / AFP

Une salle de prière musulmane de Gap a été la cible de tags islamophobes ce dimanche, et son responsable a reçu un courrier menaçant du "parti libre de France". Une enquête a été ouverte pour "menaces de mort, dégradations, injures publiques, provocation à la discrimination ou à la haine raciale".

Des tags islamophobes ont été découverts ce dimanche sur les murs d'une salle de prière musulmane de Gap, dont le responsable a reçu un courrier de revendications menaçant, ont annoncé ce lundi la préfecture des Hautes-Alpes et le parquet. Ces inscriptions apposées dans la nuit de samedi ont été découvertes par le responsable de l'Association Musulmane et Culturelle de Gap (AMCG) selon la préfète Cécile Bigot-Dekeyser, qui condamne "avec force" des actes "inacceptables".

L'inquiétude d'un "acte 2" après la découverte d'une lettre

Le responsable de la salle de prière "a remis aux policiers une lettre à l'entête du 'parti libre de France' signalant qu'il s'agissait de l'acte 1 avant un acte 2 qui aurait lieu en dehors de Gap", a précisé le procureur de la République Florent Crouhy. Cette "lettre sera envoyée aujourd'hui (lundi, NDLR) pour expertise - relevé ADN et traces papillaires", a ajouté le procureur, précisant que "le 'parti libre de France' est inconnu des services du parquet comme des services de renseignement".

Une enquête a été ouverte pour "menaces de mort, injures publiques et dégradations", confiée à la brigade de sûreté urbaine du commissariat de Gap. Après le dépôt de plainte de l'association, la qualification intégrera aussi "la provocation à la discrimination ou à la haine raciale". Un dispositif de sécurité renforcé a été mis en place avec des patrouilles régulières aux abords du lieu de culte.

"Je suis très inquiet et les fidèles aussi. Plus de patrouilles, je ne pense pas que cela soit suffisant", a déclaré Rachid Neguaz, président de l'AMCG. La salle de prière, l'une des deux de la ville qui accueille jusqu'à 200 personnes pour la prière du vendredi, est située dans une zone artisanale et n'est pas équipée de vidéosurveillance.

Un acte "de haine et d'intolérance" pour le CFCM

"Tout se passait très bien, on vit en paix, on fait souvent de l'inter-religion", a souligné Rachid Neguaz, qui pense que "c'est lié au contexte actuel, autour du voile, les débats sur l'immigration, l'islam". "Beaucoup de personnes se sont lâchées. Et des paroles, certains passent aux actes."

L'Observatoire National contre l'islamophobie, dépendant du Conseil Français du culte musulman (CFCM), a dénoncé "la multiplication de ces actes vils et odieux contre les lieux de culte", qui sont "l'expression de haine et d'intolérance à l'égard de Français de confession musulmane".

"J'apporte tout mon soutien à la communauté musulmane de la mosquée El Salam, La Paix, de Gap, dont je peux témoigner qu'elle porte bien son nom", a tweeté de son côté l'évêque de Gap et d'Embrun, Mgr Xavier Malle. 

J. G. avec AFP